Princesse Mononoké : mon film d’animation japonais préféré

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Écrit par Mimie

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Je vais au cinéma pour de nombreuses raisons. Voici l’une d’entre elles. Je veux voir des merveilles qui n’existent pas dans le monde réel, dans des histoires où le mythe et les rêves sont libres de jouer.

L’animation ouvre cette possibilité, car elle est libérée de la gravité et des chaînes du possible.

  • Les films réalistes montrent le monde physique
  • L’animation en montre l’essence

Les films d’animation ne sont pas des copies des « vrais films », ne sont pas des ombres de la réalité, mais créent une nouvelle existence à part entière. Il est vrai que beaucoup de films d’animation sont insipides, voire insultants pour les enfants auxquels ils sont destinés. Mais les grands films d’animation peuvent faire chanter l’esprit.

Hayao Miyazaki est un grand animateur, et son « Princesse Mononoké » est un grand film

Ne laissez pas les idées reçues sur l’animation vous empêcher de le voir.

Il raconte une histoire épique qui se déroule dans le Japon médiéval, à l’aube de l’âge de fer, lorsque certains hommes vivaient encore en harmonie avec la nature et que d’autres tentaient de la dompter et de la vaincre.

Il ne s’agit pas d’un conte simpliste sur le bien et le mal, mais de l’histoire de la lutte des humains, des animaux de la forêt et des dieux de la nature pour leur part du nouvel ordre émergent. C’est l’un des films les plus inventifs visuellement que j’ai jamais vus.

Extrait de Princesse Monoké

Le film s’ouvre sur un gardien de mirador qui remarque « quelque chose d’anormal dans la forêt »

La nature est perturbée et une créature remarquable en sort, une sorte de sanglier-monstre dont la chair est faite de serpents tortueux.

Il attaque les villageois, et Ashitaka, le jeune prince de son peuple isolé, vient à sa rescousse. Il parvient finalement à tuer la bête, mais son propre bras a été enveloppé par les serpents et porte d’horribles cicatrices.

Une femme sage est capable d’expliquer ce qui s’est passé. Le monstre était un dieu sanglier, jusqu’à ce qu’une balle s’enfonce dans sa chair et le rende fou. Et d’où venait la balle ?

« Il est temps, » dit la femme, « pour notre dernier prince de couper ses cheveux et de nous quitter. « 

Ashitaka entreprend donc un long voyage vers les terres de l’Ouest, pour découvrir pourquoi la nature est déréglée et si la malédiction sur son bras peut être levée. Il chevauche Yakkuru, une bête qui semble être à la fois un cheval, une antilope et une chèvre de montagne.

Le chemin est parsemé de curiosités et d’aventures

Nous pouvons apprécier la qualité du travail artistique de Miyazaki. Le dessin n’est pas simpliste, mais présente une certaine complexité de la « ligne claire » utilisée par les graphistes japonais d’il y a deux siècles, qui ont inspiré des œuvres modernes comme les livres Tintin de Hergé.

La nature est rendue de manière majestueuse (les directeurs artistiques de Miyazaki se sont rendus dans des forêts anciennes pour réaliser leurs dessins de référence) et fantaisiste (comme avec les petits lutins ronds de la forêt).

On assiste également à de brèves et mystérieuses apparitions de l’esprit de la forêt, qui semble être une bête noble le jour et une lumière rougeoyante la nuit.

Princesse Monoké - Diamant

Ashitaka arrive finalement dans une région rôdée par Moro, un dieu loup, et voit pour la première fois la jeune femme nommée San. Elle est également connue sous le nom de « Princesse Mononoké », mais il s’agit plus d’une description que d’un nom ; un mononoké est l’esprit d’une bête.

San était une enfant humaine, élevée comme un loup par Moro. Elle monte à cru sur les loups-esprits blancs et rapides et aide la meute dans sa lutte contre les empiètements de Dame Eboshi, une souveraine puissante dont le village développe des compétences en ferronnerie et fabrique des armes utilisant la poudre à canon.

Le jour où les hommes, les animaux et les dieux de la forêt parlaient tous la même langue est en train de disparaître

  • Les forêts verdoyantes à travers lesquelles Ashitaka a voyagé vers l’ouest ont été remplacées ici par un terrain vague
  • Les arbres ont été dépouillés pour alimenter les fours de fusion
  • Sur leurs squelettes, des bêtes aux yeux jaunes se tiennent sinistrement
  • Des esclaves travaillent aux soufflets des forges et des lépreux fabriquent les armes

Mais tout n’est pas noir ou blanc

  • Les lépreux sont reconnaissants à Eboshi de les accepter.
  • Son peuple apprécie sa protection.
  • Même Jigo, un agent intrigant de l’empereur, a des motivations qui ont parfois un certain sens.

Lorsqu’une enclave voisine de samouraïs veut s’emparer du village et de sa technologie, une bataille s’engage avec plus d’un camp et plus d’un motif. Cela ressemble plus à une histoire mythique qu’à un mélodrame d’action.

L’art de « Princesse Mononoké » est magistral

  • La peau du sanglier-monstre se tordant est un spectacle extraordinaire, impossible à réaliser dans un film d’action.
  • Les grands loups blancs sont dessinés avec grâce et sans sentimentalisme ; lorsqu’ils montrent leurs crocs, on voit bien qu’il ne s’agit pas de sympathiques copains de bande dessinée, mais d’animaux qui peuvent et veulent tuer.
  • Le film ne s’attarde pas sur la violence, ce qui rend certains de ses moments encore plus choquants, comme lorsque Ashitaka découvre que son bras cicatrisé a développé une telle force que sa flèche décapite un ennemi.

Miyazaki et ses collaborateurs travaillent au Studio Ghibli, au Japon, et il y a quelques années, Disney a acheté toute la production du studio pour la distribuer dans le monde entier.

Les artistes de Disney considèrent Miyazaki comme une source d’inspiration

Le contrat stipulait que Disney ne pouvait pas changer une image – mais il n’y avait aucune objection à ce que le film soit doublé en anglais, car, bien entendu, tous les films d’animation sont doublés, même dans leur langue d’origine, et comme Miyazaki l’observe joyeusement, « l’anglais est doublé en japonais depuis des années  » .

Le drame est sous-tendu par le profond humanisme de Miyazaki, qui évite les simplifications morales faciles

Il y a une scène remarquable où San et Ashitaka, qui sont tombés amoureux, conviennent qu’aucun des deux ne peut vraiment mener la vie de l’autre, et qu’ils doivent donc s’accorder une liberté mutuelle et ne se rencontrer qu’occasionnellement.

Vous ne trouverez pas beaucoup d’histoires d’amour hollywoodiennes (animées ou non) aussi philosophiques. « Princesse Mononoké » est une grande réussite et une expérience merveilleuse.

Fiche technique

Titre original Mononoke Hime
Type Manga
Genre Action
Thèmes Japon médiéval, Gaïa
Réalisateur Hayao Miyazaki
Producteur Toshio Suzuki
Scénariste Hayao Miyazaki
Studio d’animation Studio Ghibli
Studio d’enregistrement Joe Hisaishi
Durée 134 min
Sortie 12 juillet 1997 (Japon) – 12 juillet 2000 (France)

Une autre critique d’animation sur ce blog : Saint Seiya – The Lost Canvas

Mon sentiment

J’ai vu cette animation à peu près lorsqu’elle est sortie en France, j’avais la vingtaine, depuis j’en ai vu plusieurs mais Princesse Mononoké est le film qui m’a le plus marqué, il m’a laissé vraiment de bons souvenirs.

Les 2h15 du film ne se ressentent pas du tout, nous sommes plongés dans l’histoire et l’univers du film dès le départ, les personnages sont multiples tout comme les histoires parallèles :

  • les samouraïs
  • la forge
  • la malédiction
  • la nature
  • la déforestation
  • Ashitaka et San

A aucun moment nous n’avons envie que ce film s’arrête, c’est un moment magique, il est sublime et je le considère comme LE film d’animation du siècle.

Les animaux de la forêt sont magnifiquement représentés, du sanglier au gorille en passant par le loup et le cerf, les dessins sont beaux et détaillés. De plus certains animaux parlent, la plupart du temps d’une voix très grave, cela donne une dimension humaine aux animaux, j’ai bondi de joie lorsque j’ai entendu parlé les gorilles pour la première fois.

L’humanisation des animaux est volontaire car le message porté par ce film est avant tout un message écologique : l’environnement doit être protégé et la déforestation combattue.

Loup - Princesse Mononoke

Ceux qui ont eu l’occasion de voir des films du studio Ghibli comme  Le Voyage de ChihiroMon Voisin Totoro et même le superbe Tombeau des Lucioles auront remarqué que le studio produit des dessins animés époustouflants au niveau du graphisme, des scénarios, du choix des thèmes et de la façon de les traiter.

Ces films surpassent de loin le niveau moyen des dessins animés japonais du fait du temps et du soin apportés a chacun d’entre eux.

Et bien Princesse Mononoké est encore un cran au dessus de ce que Ghibli avait créé auparavant…

Conclusion

Film à voir et à revoir, à consommer sans modération, d’ailleurs en écrivant cet article ça m’a donné envie de le revoir une nouvelle fois 🙂

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15 réflexions au sujet de “Princesse Mononoké : mon film d’animation japonais préféré”

  1. Eh bien, je te le conseille moi aussi ! De tous les « Miyazaki » que j’ai vus, celui-ci reste mon préféré (bien que j’ai également un faible pour Le voyage de Chihiro et Le château ambulant). C’est aussi le premier anime que j’ai vu^^
    (Sans compter que la musique est excellente, je ne m’en lasse pas)

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  2. N’oublions pas non plus la musique dans tous ces films d’animation, dans ceux que vous avez cités comme Mononoké ou Chihiro mais aussi le Chateau Ambulant que j’avais beaucoup aimé aussi.

    La musique donne une ambiance toute particulière à ces films qui reste présente à nos oreilles longtemps. Rien que de le dire me vient celle de Chihiro… vraiment puissante 🙂

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  3. Le problème, c’est que l’on compare trop le père et le fils. Pour un premier film, Goro Miyazaki s’en tire plutôt bien, avec un fond plus adulte et plus noir, loin du style plus enfantin de son père (dans le bon sens du terme, je précise ^^).

    Je dis ca car les premiers films de Hayao Miyazaki n’étaient pas tous aussi réussis. Faut pas perdre de vue que Chihiro, Mononoké et autres sont plus récents 🙂 J’ai moins aimé Nausicaa que je trouve un peu chiant (mais c’est un avis purement personnel).

    Le mieux, c’est que tu te fasses une idée Mimie, en effet. On a tous des gouts différents 😉

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  4. @Kameyoko : C’est peut-être parce que c’est un film d’action qu’il m’a particulièrement marqué, en tout cas c’est un chef d’oeuvre. Je n’ai pas encore vu « les contes de terremer » donc je peux pas trop juger mais il est vrai que les critiques sont plutôt de ton avis : qu’il n’égale pas encore son père, pas assez d’expérience …

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  5. Mononoke Hime est, à n’en pas douter un des meilleurs films d’animation de tous les temps (en même temps tous les films de Miyazaki peuvent y prétendre).

    C’est un véritable chef d’oeuvre. C’est par ce titre que je me suis réellement intéressé à Miyazaki. Par contre de là à dire qu’il est un cran au-dessus des autres oeuvres du maitres, il faut oser.

    Bien que vénérant ce film, je ne saurais dire s’il est meilleur que Nausicaa, Mon voisin Totoro, LE Voyage de Chihiro ou Le Chateau dans le Ciel. Tous ces films sont de vraies bijoux. Difficile d’en ressortir un.

    Par contre pour les contes de Terremer, je trouve que Goro est très loin de son père. L’oeuvre n’a pas le même charme, la même profondeur que celles de son illustre père. Pour moi un des moins bons Ghibli

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  6. « Le château dans le ciel » est pas mal non plus c’est vrai mais il ne passe pas devant « Princesse Mononoké » ou « Le voyage de Chihiro » que j’ai adoré aussi.
    Super que le fils reprenne l’affaire, merci pour « Les contes de Terremer » que j’ai loupé, je vais essayer de me le procurer rapidement 🙂

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  7. Il est vrai que ce film est une merveille mais du même auteur, j’ai une légère préférence pour « Le Chateau dans de Ciel ». Plus récemment, le fils promet de belle chose aussi avec « Les Contes de Terremer », plus noir mais plus intéressant sur le fond (malgré quelques maladresses de jeunesse).

    Une famille productive et douée d’une qualité de réalisation hors norme 🙂

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