Internet américain : liberté ou recherche d’intérêts ?

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Écrit par Mallory Lebel

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On ne le sait pas assez, mais les Etats-Unis ont toujours un intérêt certain dans la mise en place et la perduration d’internet. Ils ont bien compris que la libre circulation de l’information, de même que la libre circulation des personnes, est un domaine où s’exerce le pouvoir.

Aux débuts d’internet, il a bien fallu instaurer un organisme capable de gérer l’ensemble des adresses IP de la planète ainsi que les noms de domaine. Un organisme capable de répertorier et d’attribuer ces fameux noms de domaines et adressages sans lesquels internet n’est pas utilisable.

Profitant du flou artistique qui régnait au début des années 90, les Etats-Unis ont confié ce rôle à l’agence américaine IANA : Internet Assigned Numbers Authority, dépendante du ministère du commerce mais membre d’une association de droit privé appelée Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN).

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Les standards d’internet sont eux aussi attribués par des agences américaines (l’IETF et l’IAB). L’ICANN a plus d’une fois été pointée du doigt, on a affirmé qu’elle aurait pu favoriser de grosses enseignes américaines. Dans tous les cas, à une époque où la corruption semble s’infiltrer partout, il est bon d’avoir une conscience aigüe des gens qui nous contrôlent.

Entre les 03 et 14 décembre 2012, les Etats du monde entier, réunis à l’Union internationale des communications (UIT), ont bien essayé de récupérer ce rôle dévolu aux organismes américains, un peu comme une ONU des télécommunications. Cette idée, lancée en coeur, s’est soldée par un refus ferme de la part des Etats-Unis qui seraient partis en claquant la porte.

On touche bien là un point sensible : comme nous le disions en début d’article, celui qui contrôle les télécommunications contrôle le monde. En ce qui me concerne, petit blogueur, je me contente d’utiliser internet à mon niveau, profitant d’une liberté d’expression que j’ai toujours considérée comme primordiale. Le danger serait que justement, un jour ou l’autre, on ne touche à notre liberté de communiquer et de nous exprimer comme les autres.

Source : The ITU and Global Internet Regulation (article en trois parties).

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3 réflexions au sujet de “Internet américain : liberté ou recherche d’intérêts ?”

  1. Merci, jackjeff, pour ton commentaire clair et éclairant sur ce sujet que tu sembles connaître. J’ai tendance moi aussi à penser comme toi, que les Etats-Unis ont fait du beau boulot jusqu’à maintenant. Simplement, j’ai évoqué un danger qu’on peut craindre pour l’avenir. Qui sait si l’organisme californien, un jour, ne perdra pas sa neutralité ?

  2. Le point de vue américain, c’est qu’en refusant à l’ONU (dont l’UIT dépend) de contrôler les noms de domaines, ils défendent la liberté d’expression. Cette position se base sur le fait que certains pays influents comme la Chine ou la Russie, qui ont une économie développée et siègent au conseil de sécurité permanents de l’ONU, peuvent influencer le vote d’autres états plus faibles et souhaiteraient exercer un contrôle plus fort sur l’internet. Par exemple, en Chine il est nécessaire d’avoir une licence d’exploitation délivrée par le gouvernement pour héberger un site Internet, mais les prestataires étrangers ne sont pas regardant. De là à imaginer que Pékin imposerait à l’UIT des contrôles plus stricts pour la délivrance des noms de domaine, soit disant éviter le terrorisme ou autre prétexte, il n’y a qu’un pas. Cela rendrait la tâche des opposants au régime plus difficile. La Russie sera d’accord. L’Europe sera trop désuni pour peser, et le reste du monde sous influence…

    C’est dans l’intérêt des Américains que l’Internet reste relativement libre. Tout d’abord pour des raisons purement mercantilistes : cela favorise l’exportation de leurs idées, de leur culture, et transforme le reste du monde en clients potentiels. Mais garder le DNS sous contrôle est aussi relativement hypocrite, car les États-Unis ne se privent d’exercer leur influence pour fermer les sites dérangeants (style megaupload.com) ou s’en servir à des fins d’espionnage industriel.

    Mais quoi que l’on puisse en penser, je trouve que les États-Unis ont plutôt fait du beau boulot pour préserver la liberté d’expression sur Internet jusqu’à présent. À l’heure ou notre pays parle de censurer les Hashtags sur Twitter, et où l’on a oublié la censure des années 70, que l’Union Européenne semble incapable de se décider sur son avenir, que l’ONU n’arrive pas à empêcher guerre civile après guerre civile… je trouve plutôt rassurant de savoir qu’une grande partie de l’Internet est sous le contrôle de la justice Californienne, plutôt que d’une institution internationale opaque comme l’UIT.

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