La censure des médias sociaux, la liberté d’expression et les Super Apps

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Écrit par Mallory Lebel

Aidons les citoyens à protéger leurs communications & leurs discussions numériques, qu'ils puissent vivre sans craindre d'être surveillés.

Les médias sociaux ont beaucoup fait parler d’eux ces derniers temps

De nombreuses audiences ont été tenues sur les plus grandes entreprises technologiques comme Facebook et Google, examinant à la loupe leurs liens avec des gouvernements étrangers et examinant leur capacité à protéger le droit à la vie privée.

  • Les scandales liés aux élections américaines ont révélé la capacité et la volonté de Facebook d’influencer les élections sous la direction de puissances étrangères.
  • Twitter, de même, a fait l’objet d’attaques ; certains critiquent son manque de volonté ou son incompétence à empêcher les responsables publics de premier plan d’utiliser la plateforme pour inciter à la haine et à la violence par le biais de fausses informations.
  • D’autres estiment que les directives de modération de la communauté équivalent à une censure numérique de tendance libérale.

Applications réseaux sociauxDe nombreuses entreprises organisent un mouvement de boycott des services marketing de Facebook, tandis que d’autres délaissent Twitter au profit de nouvelles plateformes perçues comme plus justes à l’égard de leurs opinions.

Pourquoi cette obsession pour les plateformes de médias sociaux ?

Il n’est plus rare que les émissions de télévision se moquent des personnes qui ont raté la chance de devenir riches parce qu’elles n’ont pas vu l’ampleur que les plateformes de médias sociaux allaient prendre. Mais n’y a-t-il pas là un biais rétrospectif ?

J’étais adolescent lorsque la génération de nos parents était confuse et dédaigneuse à l’égard de Facebook, et d’une manière ou d’une autre, au fil des ans, l’utilisation de Facebook est presque devenue le signe distinctif d’une jeunesse en déclin.

Des baby-boomers à la génération Z, le fait incontestable est que les plateformes de médias sociaux sont devenues un forum public omniprésent où les gens partagent leurs opinions.

Les controverses sur les médias sociaux portent sur certaines idées fondamentales, à savoir la liberté d’expression et sa valeur sociétale.

Comme pour la plupart des questions normatives, la valeur de la liberté d’expression se divise en deux camps de pensée :

  • les utilitaristes
  • et les déontologues

Les utilitaristes

Les utilitaristes pensent que la valeur intrinsèque d’une chose doit dépendre de la quantité de « bonheur » ou de « bonté » globale que cette chose peut générer pour tout le monde.

Pour ces personnes, la liberté d’expression est importante car, pour avoir les politiques les plus « correctes », nous devons avoir un marché d’idées.

Dans le contexte de la valeur de la liberté d’expression, les utilitaristes croient souvent qu’en maximisant la concurrence des idées, nous pouvons nous rapprocher de la meilleure façon de gouverner et maximiser les avantages que notre société génère pour tous.

Les déontologues

Une autre lignée de penseurs adopte une approche plus kantienne et estime que la liberté d’expression est elle-même essentielle à l’existence humaine.

Lorsqu’on interdit à quelqu’un de s’exprimer, le préjudice qui en résulte doit être traité de la même manière qu’un préjudice résultant d’un choc avec une voiture.

En outre, les gens doivent pouvoir s’exprimer librement s’ils veulent exister pleinement – c’est-à-dire, pour reprendre une phrase cartésienne souvent citée, « Je parle, donc je suis ».

Si l’on considère la liberté d’expression comme un exemple de cette « liberté » inaliénable, on peut supposer qu’il est implicite que le droit de s’exprimer librement ne peut être supprimé, même si cela peut, d’une manière ou d’une autre, maximiser le bien-être de la société.

Certaines pratiques des médias sociaux vont à l’encontre de la notion de liberté d’expression

Il existe 2 grandes catégories de restrictions de la liberté d’expression

Censure à la liberté d'expressionLa première est la forme la plus familière de censure directe, qui comprend des situations où les plateformes de médias sociaux :

  • suppriment des messages
  • restreignent les activités des comptes
  • suspendent des comptes à la suite de violations présumées de certaines « directives communautaires »

Les détracteurs de ce type de censure font valoir que ces réglementations de la parole sont inspirées, du moins en partie, par un parti pris politique.

Les utilisateurs de WeChat et TikTok se sont plaints que les plateformes censurent le contenu afin de promouvoir la politique du Parti communiste chinois.

Du point de vue du marché des idées, la réglementation des plateformes crée un terrain de jeu inégal pour que toutes les perspectives puissent se concurrencer librement.

Lors d’une pandémie, comme nous l’avons vu sur WeChat, la censure incontrôlée des plateformes peut retarder la diffusion d’informations cruciales et vitales. Pour les déontologues, la censure des plates-formes entrave le droit de l’utilisateur censuré à s’exprimer et à s’épanouir.

La pratique du trolling : une certaine forme de censure

Le deuxième type de comportement qui porte atteinte à la liberté d’expression est constitué par les pratiques de trolling entre les utilisateurs eux-mêmes.

Lindy West est une comédienne qui a été contrainte de quitter Twitter après que des trolls aient bombardé son compte de menaces de mort et de viol.

De telles pratiques de la part d’utilisateurs privés :

  •  harcèlement
  • désinformation
  • propagation disproportionnée d’une opinion politique

…constituent une atteinte à la liberté d’expression dans le cadre du marché et de la théorie de la liberté d’expression en tant que droit.

Malheureusement, la jurisprudence actuelle est incapable de relever ces défis à la liberté d’expression.


Un problème de contrôle

L’immiscion de pays étrangers

Un problème de contrôle particulier se pose en ce qui concerne les applications provenant d’un pays étranger, surtout lorsque ce pays est connu pour la valeur qu’il accorde au contrôle absolu du parti au pouvoir sur tous les aspects de la vie des gens.

Plus précisément, si TikTok et WeChat sont des entités privées, elles sont aussi, en vertu du droit chinois, sous l’influence exceptionnelle du parti politique au pouvoir en Chine.

La question se pose alors : voulons-nous qu’un gouvernement étranger contrôle les principaux forums publics et exerce ainsi une influence sur le processus démocratique ?

Comme le montre le scandale de Facebook, la menace d’une influence étrangère existe également pour les entreprises privées américaines.

La question n’est pas de savoir si l’influence du Parti communiste chinois ou de la Russie est en soi bonne ou mauvaise ; il s’agit de savoir si l’Occident, en tant que communauté autonome de personnes libres, devrait être en mesure d’avoir un processus démocratique sans influences extérieures.

Les applications qui localisent les téléphones

Même si les actions privées et la propriété privée méritent une protection absolue sur les questions de liberté d’expression, il existe une troisième critique normative selon laquelle notre droit actuel sera incapable de protéger les gens contre l’empiètement des Super Apps sur les libertés civiles.

Les Super Apps : prochain combat ?

Comme le définit le fondateur de Blackberry, les Super Apps sont des écosystèmes fermés de « nombreuses applications » que les gens utiliseraient tous les jours… parce qu’elles offrent une expérience intégrée, contextualisée et efficace.

  • Ces applications permettent d’envoyer des messages instantanés
  • de héler un taxi
  • d’acheter des billets de cinéma
  • de partager des photos
  • de lire des nouvelles
  • d’effectuer des transactions commerciales
  • de transférer des fichiers, etc.

…tout cela dans une seule et même application.

Cela ne ressemble-t-il pas à une ville corporative du début des années 1900, où les infrastructures publiques essentielles étaient également fournies par des entités privées ?

Les droits de propriété, lorsqu’ils exercent un effet aussi global sur la capacité des gens à communiquer et à recevoir des informations, doivent céder le pas aux droits constitutionnels à la liberté d’expression.

L’ utilisateur d’une Super App peut :

  • chatter avec des amis le matin
  • organiser une réunion d’affaires dans la journée
  • envoyer des spécifications de fabrication à un partenaire commercial l’après-midi
  • Le soir, cet utilisateur voit des nouvelles troublantes et décide de partager ses propres opinions sur la Super App avec ses amis et ses partenaires commerciaux

Que se passe-t-il si une super app exerce un pouvoir de censure sur un compte ?

Surveillance Big BrotherLa Super App estime que ces opinions violent les directives de la communauté et gèle le compte. Cette action aura un impact bien plus profond sur la vie de cet utilisateur que le gel d’un compte par une application « à but unique » telle que Twitter.

  • Le lendemain, cet utilisateur devra peut-être effectuer un virement à des partenaires commerciaux ou organiser une réunion avec des amis.
  • Il se peut que cet utilisateur ait payé des fournisseurs quotidiens tels que des livreurs, des restaurants et des épiceries uniquement par le biais de la Super App, et qu’il ne puisse plus accéder à son compte.
  • Il est facile d’imaginer les effets considérables que la censure d’une super application peut avoir sur la capacité d’un utilisateur à fonctionner, même de façon minimale, dans la société.

Est-ce la version moderne d’une ville corporative ?

Dans le monde d’aujourd’hui, où notre existence en ligne devient de plus en plus importante que notre présence corporelle, la capacité d’une Super App à détruire la vie d’une personne sur la base de son discours peut potentiellement être similaire à celle d’une poursuite pénale et d’un emprisonnement.

Mais même en mettant cela de côté, l’effet paralysant amplifié qu’une telle censure a sur la parole (du point de vue utilitaire), et l’humiliation pure et simple d’être pénalisé de manière omniprésente pour son expression (dans le cadre de la déontologie) est plus que suffisant pour nous faire craindre le danger des Super Apps sur le droit inaliénable à la liberté d’expression, et l’incapacité de nos tribunaux à nous en protéger.


Le documentaire THE CLEANERS sur Arte

Je suis en train de regarder un excellent documentaire que je vous conseille et qui est passé sur Arte : THE CLEANERS, un documentaire de plus d’une heure, filmé comme un véritable film policier, sur les WEB-CLEANERS, ces employés de l’ombre chargés de censurer les photos sur Facebook, Google et Twitter.

Je vous conseille vraiment ce documentaire qui ne m’apparaît pas si éloigné que cela de la thématique de notre blog, à savoir la liberté d’expression et la censure.

Il nous montre combien le contenu que nous croyons être libre de poster sur nos réseaux sociaux est en réalité trié sur le volet par des gens qui sont en général philippins, éloignés de notre culture et de notre histoire, et ne comprenant pas toujours la signification de ce qu’ils voient.

Certes c’est bien de ne pas voir à tout bout de champ des photos d’occidentaux égorgés avec des couteaux de cuisine ou des photos d’enfants mineurs violés. Bien sûr. Mais faut-il tout censurer, au risque que la réalité ne soit malheureusement plus du tout accessible à tout un chacun ?

  • Ne faut-il pas que la population sache que la guerre existe ailleurs que dans leur pays ?
  • Ne faut-il pas que la population sache ce qui arrive à côté de chez eux ?

Trois flèches vers le bas

Le risque, c’est que la censure nous décale de la réalité et nous fasse ignorer les atrocités que mettent en oeuvre nos gouvernements, soit en agissant mal, soit en ne faisant rien contre le mal. 

Le problème de la censure

Qu’on ne s’y trompe pas : la censure est bien un problème.

Elle formate nos cerveaux, et reste avant tout un outil de propagande.

Pour preuve : même dans les films à l’heure actuelle, tout nous est censuré et l’on nous livre des scénarios totolement insipides et prévisibles. C’est lamentable.

A titre d’exemple, la semaine dernière j’ai enregistré le film Le journal d’une femme de chambre (1964) qui était passé je ne sais plus sur quelle chaîne, peut-être encore Arte.

Trois flèches vers le bas

  • Le Journal d’une femme de chambre (1964)
  • Réalisateur : Luis Buñuel
  • Acteurs : Jeanne Moreau, Michel Piccoli, Georges Géret, Daniel Ivernel

Je n’avais jamais vu ce film et je dois dire qu’il m’a surpris. Pas le film en lui-même: plutôt son scénario osé, ses images choquantes et ses thèmes qui, je le pense, ne « passeraient » plus aujourd’hui. C’est dingue de se dire qu’en 1964, la liberté d’expression offrait davantage de possibilités qu’aujourd’hui au XXIème siècle.

Nous assistons de nos jours à un retour de la pudeur

  • on ne voit plus de poitrines nues à la plage
  • on n’ose plus parler d’immigration
  • on n’ose plus s’exprimer en public
  • on n’ose plus critiquer la religion
  • on a peur d’attaques judiciaires
  • etc.

Ce n’est pas moi qui invente ce retour de la pudeur en France ; le sujet vient par exemple d’être traité sur le site de BFMTV.

Voyez également ce schéma frappant du site Intima.fr :

Trois flèches vers le bas

La pratique du Topless en France (graphique)

Revenons-en au Journal d’une femme de chambre. Je dois finir le film ce soir, ayant visionné la première heure hier soir. Mais déjà qu’y voit-on ?

  • Un aristocrate provincial vivant de ses rentes (ça existe encore aujourd’hui mais c’est tellement choquant d’en parler et de le faire savoir aux téléspectateurs !)
  • Un patron qui saute sur la femme de chambre dès qu’il la voit (on connaît des hommes politiques contemporains qui l’ont fait : voit-on des films fleurir sur le sujet en 2018?)
  • Un ancien militaire sadique et pédophile qui viole puis tue une petite de 6 ans (ça ne vous rappelle rien?)

Autant de thèmes tellement contemporains, qu’on montrait dans des films en 1964, mais qui nous paraissent tellement choquants quand on les voit dans un film aujourd’hui, étalés enfin à nos regards.

Pourquoi ces thèmes nous paraissent-ils choquants alors qu’ils sont tellement pregnants autour de nous ?

Tout simplement parce que nous ne sommes plus habitués à les regarder en face. Et pourquoi ?

Parce que, d’une manière consciente ou non, ils nous sont censurés.

La longue pente de l’abandon de la démocratie

Dans un mouvement mondial d’abandon de la démocratie, l’institution la plus vulnérable est sûrement la liberté d’expression.

Les journalistes, blogueurs et penseurs en général (voir ce qui arrive à Michel Onfray) sont peut-être les gens les plus détestés du monde :

  • S’ils font bien leur travail, ils ont peu d’amis parmi les puissants
  • Ils deviennent nuisibles pour les gouvernements, les entreprises et les groupes armés
  • Même parmi le grand public ils sont rarement soutenus. Impossible de rapporter la vérité sans être l’objet de haines et de violences pour un bord ou ou un autre.

La dure vie des journalistes

Entre 2002 et 2012, selon le Comité pour la protection des journalistes (C.P.J.), plus de 500 journalistes ont été tués dans le monde, contre 390 dans les 10 ans précédents. Même dans les zones de guerre les plus violentes, comme l’Irak et la Syrie, la cause de la mort est le plus souvent l’assassinat, plutôt qu’un décès lors de combats.

La neutralité de la presse ? Plus personne n’y croit aujourd’hui! Les journalistes sont plutôt perçus comme des combattants agissant contre les outils de propagande.

Pourtant, il est étrange de parler de censure TV croissante à une époque où les élections sont monnaie courante dans le monde et où les libertés privées se sont étendues même dans des pays répressifs comme la Chine.

Partout dans le monde, de nouveaux systèmes de contrôle s’installent. Ils étouffent le débat mondial et entravent l’élaboration de politiques et de solutions fondées sur une compréhension éclairée des réalités locales.


Quelles sont les causes des nouvelles censures actuelles ?

Des dirigeants élus agissant comme des dictateurs

La montée en puissance de dirigeants élus qui utilisent leur pouvoir pour intimider les penseurs indépendants et leur rendre la tâche presque impossible. Ils exploitent leur mandat démocratique pour gouverner en tant que dictateurs.

Ils le font :

  • en manipulant
  • dénonçant
  • emprisonnant des journalistes, blogueurs et citoyens critiques
  • en créant une atmosphère dans laquelle une presse libre est considérée comme une sorte de corps politique, une importation occidentale qui sert d’outil de propagande pour des intérêts extérieurs, introduisant des valeurs étrangères et entretenant le chaos, ou sapant activement la sécurité et la fierté nationales.

Ces démagogues créent des tyrannies de la majorité.

La liberté d’expression est facilement isolée, teintée d’associations étrangères, et accusée de maux sociaux.

L’idée que la liberté d’expression, avec d’autres libertés publiques, est une idéologie spécifiquement occidentale, plutôt qu’un droit universel, est malheureusement de plus en plus courante (voir : Se battre pour conserver la démocratie).

Le terrorisme

Manifester pour la liberté d'expressionLa deuxième source de censure est le terrorisme.

Depuis la guerre en Irak, les journalistes dans les pays sensibles n’affichent plus leur vignette « Journaliste » sur le pare-brise de leur voiture. Cela en fait des cibles plutôt que des personnes protégées.

Les groupes armés n’ont plus besoin de garder les journalistes en vie, parce qu’ils ont leurs propres moyens de propagande : Vidéos, Twitter, etc.

Les liens directs créés entre les producteurs de contenu et les consommateurs permettent aux groupes violents de contourner les médias traditionnels.

La surveillance numérique de masse

Ce troisième point nous ramène au début de notre article, aux web cleaners et aux outils de censure d’internet.

La surveillance numérique de masse exerce une mainmise certaine.

  • Les Chinois ont perfectionné leur technique
  • La censure est également exercée en Iran
  • Suite aux révélations de Snowden (voir cet excellent article sur open-diplomacy.eu), nous savons aujourd’hui que nous sommes constamment surveillés.

Ce sentiment d’espionnage nous oppresse et nous inhibe, d’une manière consciente ou non.

Le site d’information présidé par Edward Snowden :

Freedom of the press Foundation

Ce sentiment omniprésent d’être surveillé pousse beaucoup d’entre nous à utiliser la cryptographie pour protéger nos sources (voir notre article référençant 14 méthodes différentes).

La révolution numérique, en sapant les formes traditionnelles de médias, a en fait produit une plus grande concentration du pouvoir entre des mains moins nombreuses.

La manipulation d’internet par un groupe d’élites

Anonymous - vie privée sur internetAvoir la liberté de créer son espace en ligne, c’est bien. Mais à quoi cela sert-il si vous êtes noyés dans une masse confuse d’où vous êtes incapable de ressortir ? A quoi cela sert-il si les grosses entreprises utilisent des moyens extraordinaires pour manipuler les moteurs de recherche et ne rendre visible que ce qui les intéresse ?

La bataille se joue de plus en plus sur ce terrain-là. Et c’est un terrain sur lequel les particuliers n’ont aucune chance de sortir vainqueurs, tout simplement en raison de leur manque de moyens.

Vous rappelez-vous de la télévision des années 50 / 60 ? En noir et blanc ? Quand on regarde ces émissions aujourd’hui, on les trouve super intéressantes.

Moins de censure et plus d’informations.

Moins d’actualité et plus de pensées.

Pierre Bourdieu passait à la télévision (ici en 1966). La TV de 2021 est devenue ni plus ni moins une gigantesque plate-forme publicitaire.

Le rique pour internet, c’est de suivre la même pente descendante. Ce n’est même plus un risque : c’est un fait.

Les Fake News

Les Fake News font du mal parce qu’elles retirent toute confiance envers les moyens de communication directs en direction du citoyen.

Ces moyens directs comme Twitter, un blog ou un réseau social : c’était du pain béni pour la vérité. Mais lorque des organismes créent de fausses nouvelles pour les diffuser, les gens ne peuvent même plus avoir confiance en ce qui est dit. Comment s’y retrouver ? La vérité est noyée au milieu du mensonge !

Manipulation en ligne : Toutes les façons dont vous êtes actuellement trompés


Conclusion : Le pays de Voltaire

Le pays de Voltaire

Le pays de Voltaire, c’est la France.

Evelyn Beatrice Hall, évoquant la pensée de Voltaire en 1906, a rendu célèbre sa pensée suivante:

I disapprove of what you say, but I will defend to the death your right to say it.

Autrement dit :

Je désapprouve ce que vous dites, mais je défendrai jusqu’à la mort votre droit de le dire.

La tolérance et la liberté d’expression caractérisaient le siècle des Lumières. La liberté d’expression est trop importante pour être restreinte, quelle que soit la manière dont elle peut être utilisée et abusée. Aujourd’hui, ce qu’on ressent dans notre société c’est plutôt :

Je méprise ce que vous allez dire, et je défendrai jusqu’à la fin de la liberté d’expression mon droit de vous empêcher de le dire.

Conclusion

  • Les droits de l’homme et du citoyen en France
  • le 1er amendement aux Etats-Unis

…semblent assurer à ces pays une liberté d’expression établie.

Internet en Chine

Pourtant, le climat social et politique semble se retourner contre cette liberté.

Nous ferions bien de nous rappeler ces paroles de Michel Foucault dans ses cours donnés au Collège de France en 1976 (vous trouverez ici le 1er des 4 enregistrements):

« La liberté, ce n’est jamais rien d’autre – mais c’est déjà beaucoup – que le rapport actuel entre gouvernants et gouvernés. »

La liberté d’expression n’est peut-être pas morte dans le cœur des hommes et des femmes d’Occident, mais elle est mal en point.

  • La combinaison de la censure officielle
  • de la censure officieuse
  • et de l’autocensure réduit les possibilités de débat.

Cela crée un climat conformiste et la peur de s’éloigner du droit chemin.

Notre société a oublié pourquoi la liberté d’expression doit primer sur toute autre préoccupation. Il est presque inimaginable aujourd’hui de soutenir la liberté d’expression sans se précipiter pour ajouter une longue liste d’exceptions.

Il ne fait aucun doute que la vérité brute contient des idées laides, difficiles et blessantes. Mais l’alternative à la liberté, à n’en pas douter, sera bien pire.

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2 réflexions au sujet de “La censure des médias sociaux, la liberté d’expression et les Super Apps”

  1. je pense qu’il y a aussi la censure du citoyen lambda qui abuse du signalement parceque le contenu du message ne lui plait pas. Compliqué de dire qui ou quoi censure, ce qui est sur c’est qu’internet n’est qu’une vaste farce commerciale qui n’a d’utilité que flatter l’égo d’un avatar impuissant a changer quoi que se soit.
    Parmentier avait fait garder ses pommes de terre pour les diffuser au bon peuple, internet nous a laisser télécharger des films en 256k pour mieux nous les vendre en streaming.
    Le pompon est qu’un président croie que le noyau (kernel) qui est au centre de tout ça soit neutre et fiable. Je suis tombé par hasard sur ton site, je m’étonne qu’il y aie encore des utopistes comme toit 🙂 bon courage @+

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    • Salut, merci pour ton commentaire, tu donnes l’impression d’avoir baissé les bras, tu crois que le citoyen ne peut déjà plus se révolter et que c’est trop tard ?

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