Coluche : pourquoi son insolence nous manque tant

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Écrit par Grégory Hénique

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Paroles de la chanson

Quand je serai grand

(chanson de Coluche)

Voici une très jolie chanson que j’avais écrite à l’attention de mon grand‑père.

Mon grand‑père était un vieux monsieur qui avait des idées sur la jeunesse et qui n’avait plus la jeunesse depuis longtemps, et qui voulait absolument nous les coller de force, et nous qui n’en voulions pas !

Toute ressemblance avec des grands‑pères existants ou ayant existé est absolument faite exprès.

Ma vie commence bien
Je suis né en France
La graine de crétin y pousse en abondance
Quand je serai grand
Je veux être l’homme qui bosse toute sa vie
Et qui trouve cela bien
Qui traite de pauvres types
Ceux qui se révoltent
Ou qui font la grève quand ils crèvent la faim

Quand je serai grand je veux être con
Beaucoup plus con que mon grand‑père
Qui était chef de rayon
Et qui avait gagné la guerre
J’aurai des décorations,
On dira « tiens, voilà l’autre con ! »
Mais pour s’y en a un qui confond
Quand je serai grand je veux être con

Quand je serai grand
Je jouerai au tiercé
Et je n’en aurai que deux
Ca ne serait pas de chance
Mais je recommencerai
La semaine suivante
Et si je gagnais
Je rentrerai bourré
On ne me prendra pas pour un imbécile
Ma femme ne changerait pas son paquet de lessive

Quand je serai grand je veux être con
Beaucoup plus con que mon grand‑père
Qui était chef de rayon
Et qui avait gagné la guerre
J’aurai des décorations,
On dira « tiens, voilà l’autre con ! »
Mais pour s’y en a un qui confond
Quand je serai grand je veux être con

Quand je serai grand, je ne serai pas toujours d’accord ! Mais je ne dirai rien pour ne pas me faire virer.

Je trouverai que quand même, il y en a qui exagèrent surtout au gouvernement et que les gens sont cons de se laisser faire.

Remarquez les autres… ils promettent, ils promettent… mais on ne les a jamais vus à l’œuvre.

Non, moi c’est ce que je dis : tout cela c’est comme vache et cochon ; non, moi c’est ce que je dis toujours : heureusement qu’il y a les riches pour nourrir les pauvres, sinon qu’est‑ce qu’ont deviendrait, nous les pauvres, s’il n’y avait pas les riches pour nous nourrir ? Rhoo !

Quand je serai grand je veux être con
Comme ceux qui votent en silence
En attendant le changement
Il faudrait que ce soit eux qui changent

Quand je serai grand, je veux être con
Beaucoup plus con que tous les grand‑pères
Qu’ont appris à leurs enfants
À bosser et à se taire

Ralliez‑vous à mon blason,
Tous les jeunes cons de la Terre !

Et aux enfants je réponds : « Plus ils seront grands, plus ils seront cons »

Ralliez‑vous à mon blason,
Plus on sera grands, plus on sera cons !

Je repense au Coluche de TCHAO PANTIN

De manière obsédante, quand je pense à Coluche maintenant, j’ai l’image de lui dans Tchao Pantin. Quel film magnifique. Comme tous les bons films qu’on aime, j’y vois toujours quelque chose de différent au fur et à mesure des visonnages.

Au moment du tournage, il avait l’impression que sa vie était celle du film tant elles correspondaient. Selon son ami Gérard Lanvin, l’humoriste s’était exclamé, après avoir reçu son César du Meilleur acteur en 1984 :

« Ces cons-là m’ont filé un César pour mon interprétation dans ce film alors que je n’ai strictement rien fait. On m’a juste filmé dans ma déprime… »

Ce propos illustre bien le sentiment de Coluche que son jeu n’était pas une performance mais simplement l’état dans lequel il se trouvait.

Il faut savoir ce qu’était la vie de Coluche en 1983 :

  1. Il venait de se séparer de sa femme Véronique et souffrait énormément de cette rupture. Ses partenaires de tournage, comme Agnès Soral, ont noté qu’il était « malheureux » sur le plateau.
  2. Il était en proie à de graves addictions, ce que Gérard Lanvin confirme en évoquant la consommation « à fond » de cocaïne, d’héroïne et de pinard .
  3. À l’origine, Coluche avait refusé le rôle. Il l’a finalement accepté principalement pour une raison financière, éponger des dettes importantes qu’il avait envers le fisc. C’est donc un homme au plus bas, en pleine dépression, qui a joué un personnage d’ex-policier solitaire, alcoolique et désabusé. Cet état de « déprime » a nourri son interprétation d’une manière très troublante et réelle.

Pourquoi Coluche manque en 2026

Ce qui fait que Coluche manque aujourd’hui en 2026, c’est certainement son insolence et sa rébellion contre ce qui était établi à l’époque.

L’après-guerre, comme son nom l’indique, a vu le rapatriement en France de nombre de soldats, pas forcéments instruits à l’école, qu’il a fallu faire travailler dans une France à reconstruire. Quoi de plus normal qu’on ait vu alors des gens incapables et parfois abrutis, à des postes à forte responsabilité !

C’est ce qu’évoque cette chanson de Coluche : un grand-père abruti qui se retrouve « chef de rayon » et qui passe son temps à critiquer la jeune génération d’alors (les baby-boomers) pour des motifs divers et variés :

  • – ils sont faignants
  • – ils n’ont pas fait la guerre
  • – ils ne votent pas comme il faut
  • – etc.

Coluche voguait sur la vague libertaire de l’époque, une vague qui s’insurgeait contre la rigidité politique qu’il y avait au moment de la guerre.

Aujourd’hui, bien sûr, la révolte ne peut pas être identitique puisque les gens n’ont pas les mêmes motifs de se rébeller, même s’ils en ont d’autres. La société d’aujourd’hui est beaucoup moins conservatrice, ce n’est plus la droite qui opprime, c’est le mondialisme dégénéré. Coluche, aujourd’hui, serait certainement protectionniste et souverainiste.

Tu nous manques Coluche !

mort de coluche en moto

L’engagement politique de Coluche

Ce que montrent les sourcesColuche attaquait avant tout le système de domination et la confiscation de la parole publique.
La souveraineté s’exprime chez Coluche comme une souveraineté populaire fondée sur la reprise de la parole par ceux qui en sont privés.
Coluche visait les dominants et les structures sociales qui entretiennent les inégalités, souvent résumées par sa métaphore de la pyramide sociale.
Son projet relevait d’une reconfiguration du corps civique visant l’égalité politique et la participation de ceux qui restent habituellement hors du jeu démocratique.
Coluche utilisait la satire comme outil central pour exposer les injustices sociales, en parlant depuis la position des dominés et des exclus.

Les experts affirment que Coluche se plaçait systématiquement du côté des personnes reléguées qu’il appelait « les dominés ». Dans ses sketches, il incarne une galerie de personnages issus de la France populaire (ouvriers, blousons noirs, petits commerçants) et, avec sa candidature à la présidentielle de 1981, il visait explicitement à représenter ceux que la politique traditionnelle ignore. Sa critique était donc transversale et visait moins une politique économique que l’injustice structurelle et l’hypocrisie du pouvoir, quel qu’il soit.

On ne peut pas prouver ce qu’aurait pensé Coluche aujourd’hui, mais son héritage politique tel qu’analysé par les chercheurs (critique radicale des systèmes de domination) le présente en faveur de la souveraineté des sans-voix.

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