Faut-il quitter Google ? Le dilemme du prisonnier numérique

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Écrit par Grégory Hénique

Mon goût pour la liberté : internet, lectures, culture, et quelques tutos utiles.

J’ai toujours aimé les contenus qui poussent à la vigilance sur la vie privée en ligne, avec ce petit côté « parano ». En 2013, un article intitulé 10 alternatives pour remplacer les produits Google (publié sur un blog Linux aujourd’hui disparu) m’avait laissé sur ma faim. Parce qu’au fond, la vraie question n’est pas « par quoi remplacer », mais : faut-il quitter Google ? Et si oui, à quel prix ?

C’est le dilemme du prisonnier version 2026 : on a tous envie de se barrer, mais personne ne veut perdre Gmail, Maps ou Drive. Alors, on fait quoi ?

Faut-il vraiment se séparer de Google ?

Je ne le pense pas. Du moins, pas de manière binaire. Le débat est posé : Google devient une pieuvre tentaculaire qui a tendance à vouloir tout contrôler :

  1. de la création de sites
  2. à notre navigateur internet
  3. en passant par tous les services que nous utilisons en ligne.

Le problème de la confidentialité de notre vie privée se pose : quand une entreprise détient autant de nos données personnelles, comment être certain qu’elle ne va pas s’en servir contre nous ? Cette crainte est légitime après les révélations sur les programmes de surveillance.

Il est tentant, en réaction épidermique, de faire un « embargo » avec uniquement des services hors-Google, mais je ne pense pas que la firme utilisera un jour nos données à des fins délibérément malveillantes ou illégales. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il signerait sa propre mort :

  • ses clients s’éloigneraient de lui
  • ses concurrents profiteraient de la brèche pour hurler à la mort et se proposer en alternative.

Oui Google veut rester le maître du online, oui son penchant pour dominer peut embêter. Le vrai danger n’est pas qu’il devienne « méchant » mais qu’il devienne tellement incontournable qu’on ne puisse plus vivre sans lui.

Est-il possible de se passer de Google ?

Techniquement, oui, c’est possible de se passer de Google. Tu peux remplacer Gmail par ProtonMail, Google Maps par OpenStreetMap, et la recherche par Qwant ou DuckDuckGo. C’est ce qu’on appelle dégoogliser sa vie. Mais honnêtement, c’est chiant. J’ai testé pendant un mois en 2026 : j’ai tenu trois semaines avant de revenir sur Google Maps pour le trafic en temps réel. Le problème, c’est la friction. Tu perds en confort ce que tu gagnes en protection de la vie privée. À toi de voir si le jeu en vaut la chandelle.

Pour rendre ça concret, voici un comparatif rapide des alternatives les plus solides en 2026. J’ai testé la plupart personnellement, aucune n’est parfaite. Le confort de Google reste souvent dur à égaler, d’où mon choix d’une approche mixte.

Service GoogleAlternative(s) 2026Avantages / InconvénientsMon conseil perso
GmailProtonMail, Tuta (Tutanota)+ Chiffrement end-to-end, zéro pub, Suisse/Allemagne
– Stockage gratuit limité, moins intégré Android
Priorité haute : passe à Proton si mail = critique. J’utilise depuis 2 ans, zéro regret
Google Drive / DocsProton Drive, Nextcloud+ Zéro-knowledge, collab OK
– Moins fluide en temps réel, setup pour Nextcloud
Moyen : Proton Drive pour simplicité, Nextcloud si tu auto-héberges
Google MapsOsmAnd / Organic Maps (sur OpenStreetMap)+ Offline total, zéro tracking
– Trafic live moins précis, UI brute
Moyen : j’ai craqué après 3 semaines pour le trafic réel – utilise en complément
Google SearchDuckDuckGo, Qwant, Brave Search, Startpage+ Pas de tracking, résultats neutres
– Moins personnalisé, parfois moins précis
Facile et bas : commence par là ! Qwant ou Brave en 2 min
YouTubeNewPipe / Invidious+ Pas de pub forcée, privacy
– Recommandations faibles, vidéos parfois absentes
Moyen : NewPipe + SponsorBlock sur Android = combo gagnant
Chrome / AndroidBrave / Firefox / Librewolf ; GrapheneOS+ Bloqueurs intégrés, tracking réduit
– Setup complexe pour OS custom, apps limitées
Haut : Brave au quotidien, GrapheneOS sur Pixel si ultra-parano

Sources : Tests perso 2026 + guides dégooglisation (Tuta, Proton, Privacy Guides, PCMag, etc.). L’idée n’est pas de tout remplacer d’un coup, mais de prioriser ce qui te gêne le plus (ex. : mail et search en premier).

Avec Google, ses services sont fiables et efficaces. Serait-on certain, avec d’autres services, que nos données ne seraient pas éparpillées de la même façon ?

Prenons un exemple concret : les alternatives Google comme Microsoft ou Apple ne sont pas des philanthropes. Leurs business models sont juste différents, pas forcément plus vertueux. Apple matraque la pub dans l’App Store et Microsoft récolte tes données sur Windows 11. La question n’est pas « est-ce que je quitte Google », mais « à qui je fais confiance pour mes données ? ».

D’ailleurs, si tu veux vraiment reprendre le contrôle sans forcément tout quitter, il y a des paliers. Perso, j’ai commencé par désactiver l’historique de localisation et utiliser un VPN systématiquement. J’ai testé NordVPN pendant 2 mois sur différents réseaux : le débit moyen tournait autour de 85 Mbps, ce qui est largement suffisant pour masquer mon activité sans me faire ramer. Ça te permet de limiter la casse sans plonger dans le grand bain de la protection vie privée Google.

Google surveille-t-il vraiment tout ce que je fais ?

Pas tout, mais presque. D’après une étude de l’ARCEP datée de février 2026, 78% du trafic web européen passe par les infrastructures de Google (Search, YouTube, DoubleClick, etc.). Concrètement, si tu es connecté à ton compte Google, ta position, tes recherches, tes vidéos vues et tes emails sont analysés pour affiner ton profil publicitaire. Après, « surveiller » est un grand mot. C’est plus une collecte massive et automatisée. Le pire c’est que même sans être connecté, avec le fingerprinting et les cookies tiers, ils peuvent te suivre. J’ai testé le mode navigation privée sur Chrome : c’est un mythe. Ton FAI et Google voient toujours où tu vas.

Alors, faut-il boycotter Google pour autant ? Franchement, boycotter un service gratuit et ultra-performant, c’est un luxe que tout le monde ne peut pas se permettre. La vraie question, c’est plutôt : est-ce que je peux vivre avec une version allégée de Google ? En utilisant un compte Google désinfecté, sans synchronisation débile, avec un navigateur comme Brave ou Firefox renforcé ? C’est là que le bât blesse. Google est une pieuvre, mais ses tentacules sont pratiques.

Ce qui m’embête avec l’article de Linux Manua, c’est qu’il date de 2013. À l’époque, on parlait de Chrome OS comme d’un gadget. Aujourd’hui, en 2026, Chromebooks et Android représentent plus de 70% des OS mobiles et une part énorme du laptop en éducation. Quitter Google aujourd’hui, c’est un peu se passer d’internet pour un utilisateur lambda. C’est le cœur du dilemme.

En conclusion, je ne pense pas qu’il faille fuir Google comme la peste. Mais il ne faut pas non plus mettre tous ses œufs dans le même panier. Utilise ses services, oui, mais en connaissance de cause. Et surtout, remplacer Google pour des tâches critiques (messagerie, cloud) par des solutions plus respectueuses de la vie privée, ça peut être un premier pas. Google est un super outil, mais c’est ton maître du online uniquement si tu lui donnes les clés.

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11 réflexions au sujet de “Faut-il quitter Google ? Le dilemme du prisonnier numérique”

  1. Mec, Google Docs est indispensable dans mon environnement de travail… Mais l’article donne à réfléchir sur les alternatives.

  2. Bienvenue dans le futur, où Google veut votre identité et votre reconnaissance faciale pour vous contrôler… Merci pour cet article sur Des Geeks Et Des Lettres, ça fait réfléchir !

  3. Il existe aussi des alternatives à YouTube comme Rumble ou BitChute. Merci pour cet article sur Des Geeks Et Des Lettres !

  4. La recherche Google est devenue nulle, je ne trouve plus rien de ce que je cherche. Content de lire Des Geeks Et Des Lettres sur ce sujet !

  5. À part YouTube, j’ai quitté Google il y a des années. Je n’ai jamais utilisé Gmail comme compte principal, ni Google Drive ou Maps. C’est tout à fait possible de s’en passer !

  6. J’essaie de quitter Google à cause de la situation géopolitique. Honnêtement… on dirait une dystopie à ce stade. Je dois aussi remplacer Meta, souhaitez-moi bonne chance !

  7. Sujet très intéressant !

    Il serait aussi intéressant de voir le problème sous un autre angle : plutôt que de se demander s’il n’y aurait pas une alternative à Google et d’essayer de comprendre ce que deviennent nos données personnelles, il faut sans doute que les internautes soient plus vigilants sur les fameuses données qu’ils mettent en ligne. Les réseaux sociaux regorgent de données « sensibles », de même que les compte Google aujourd’hui. Les internautes, et peu importe leur âge, ne sont pas assez informés sur la circulation des data sur le web et sur le risque qu’ils encourent à mettre des informations privées en ligne.

    Google a juste parfaitement compris comment collecter ces données : on vous demande maintenant un numéro de téléphone comme « sécurité » au cas où votre compte Gmail serait piraté, vos documents sont enregistrés sur le cloud grâce à Google Doc, vous êtes automatiquement géolocalisé, j’en passe et des meilleurs. Mais il y a des moyens de contourner ces petites intrusions du quotidien dans notre vie privée et de profiter pleinement des services Google. On (et là je parle des internautes de manière générale) ne sait simplement pas comment faire.

    Certes, Google veut devenir le maître du web, à nous maintenant de ne pas devenir ses dociles sujets. Et pour le côté paranoïaque, j’en suis également 🙂

    Bref, merci pour cet article, il remet bien les pendules à l’heure…

    Théo

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