Galilée
Galilée avait réussi, en 1638, à faire (déjà) un certain rapprochement entre la physique et la vie. Je veux parler de son Discours et démonstrations mathématiques concernant deux sciences nouvelles, dans lequel on peut lire notamment :
« Qui ne voit qu’un cheval se rompra les os, s’il tombe d’une hauteur de trois ou quatre coudées, mais qu’un chien, dans les mêmes conditions, ou un chat tombant d’une hauteur de huit ou dix coudées, ne se feront aucun mal, pas plus qu’un grillon lâché d’une tour ou une fourmi se précipitant depuis l’orbe lunaire ? (…) Et comme les animaux plus petits sont proportionnellement plus robustes et plus forts que les plus grands, de même les plantes plus petites se soutiennent mieux ; vous comprenez tous deux désormais, je pense, qu’un chêne haut de deux cents coudées serait incapable de porter ses branches si elles se trouvaient disposées comme elles le sont sur un arbre de taille moyenne, que la nature ne saurait faire un cheval grand comme vingt chevaux, ni un géant dix fois plus grand qu’un homme ordinaire : il faudrait un miracle ou alors altérer fortement les proportions des membres, notamment des os, et les accroître bien au-delà de ce que demanderait la seule symétrie.«
J’ai souligné en gras ce qui m’intéresse particulièrement. D’après Galilée, un arbre gigantesque ne pourrait présenter ses branches de la même façon qu’un arbre de taille moyenne.
Naissance de la science de l’allométrie
De même, toujours d’après Galilée, un géant dix fois plus grand que nous ne pourrait pas être proportionné de la même manière que nous, sous-entendant que ses membres seraient moins longs et plus petits en comparaison de son tronc.
En relisant cette assertion de Galilée, je me dis en effet que sa théorie semble logique, même sans démonstration mathématiques dont je suis incapable personnellement. D’ailleurs cette théorie semble par la suite avoir été démontrée par la théorie des échelles et la science à laquelle elle a donné naissance, une science un peu compliquée appelée allométrie.
Pourquoi celle science m’intéresse ?
Cette science m’intéresse parce que, en ce qui me concerne, elle fiche par terre des passages de mon premier roman d’Heroïc-Fantasy dans lequel je mettais en scène par exemple :
- 1 – un géant (Mister) haut de 13 mètres, dont les proportions étaient les mêmes que celles d’un être humain. J’ai bien l’impression qu’à écouter cette théorie, mon géant devrait en réalité présenter un tronc large mais des bras et des pieds plus petits que la normale.
- 2 – des arbres gigantesques constitués en forêt. Là encore la forme des branchages devrait être différente que celle que j’imaginais.
Pour pouvoir être plus précis dans mon roman de fantasy, il faudrait donc que je me penche sur certaines conclusions de l’allométrie.
Faut-il être réaliste dans un roman de fantasy ?
Certains me diront qu’il n’est pas nécessaire de respecter les sciences dans un roman de fantasy, pour ma part je ne suis pas d’accord. Certes je m’autorise des postulats imaginaires dans mes romans (par exemple l’existence de la magie ou de pouvoirs), mais d’après moi il est important de respecter la logique et de faire en sorte que le reste s’enchaîne de façon réaliste.
Sans cela, ce serait trop facile, et sans cette gymnastique de l’esprit pour conserver une logique réaliste, le roman n’aurait que peu d’intérêt.
Je pense personnellement que tout est utile, tout s’enchaîne . L’écriture d’un roman, quel qu’il soit, est un vrai casse-tête parce que de nombreux domaines, de nombreuses matières s’enchaînent et s’entremêlent les unes aux autres.
La biologie, l’empathie, la science, l’imagination, l’histoire, la géographie : je vois difficilement comment écrire un roman sans avoir des notions dans chacune de ces matières.