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Les jeunes, internet et le futur de la télévision

 Article modifié dernièrement le 15 Avr 2016 @ 13 h 28 min

CHANGEMENT DANS LES MEDIAS

Bien sûr les nouvelles générations ne s’en rendront pas compte, parce qu’elles sont nées dans cette évolution. Je veux parler du changement qui apparaît aujourd’hui dans notre façon de consommer les médias.

LE THEME DU TELE-ACHAT

Ce soir moi et ma fille avons regardé le film JOY qui, sans être la perle rare, vaut définitivement le coup d’oeil notamment pour sa réalisation excellente (David O Russel) et son jeu d’acteur (Jennifer Lawrence, Robert De Niro). Le film aborde le thème du télé-achat, ces émissions en direct lors desquelles un présentateur vendait aux spectateurs qui regardaient l’émission des produits de notre vie quotidienne afin de les vendre.

Panneau pour sortir à la sortie "Futur"Au niveau BUSINESS, le télé-achat (ici l’encadrement du CSA en la matière) est une perle rare : cette émission permet de vendre des produits à des dizaines de milliers de spectateurs d’un seul coup, en un temps limité, tout simplement parce que justement des dizaines de milliers de spectateurs adorent regarder cette émission. D’un regard extérieur ça paraît hallucinant. C’est un peu comme le crocodile qui se rend dans une maroquinerie pour acheter une paire de bottes en peau de croco. Ou c’est aussi comme si toute cette manne de spectateurs se ruaient devant les 10 minutes de publicité entre deux beaux films, pour ne pas rater les pubs.

Comme le dit le professeur de stratégie d’entreprise Olivier Babeau :

« La chaîne de téléachat ressemble à une chaîne classique : comme tout diffuseur, il en a les contraintes (production de contenu, gestion d’une grille de programmes, dépendance de l’audience, etc.). Mais contrairement aux diffuseurs traditionnels, il ne tire pas ses ressources des revenus publicitaires générés indirectement par son audience, mais des ventes qu’il aura su déclencher.

Positionné plus en aval de la chaîne de production, le téléachat ne se situe pas au niveau de la communication publicitaire, mais bien au niveau de la distribution : il ne monnaye pas une audience auprès d’annonceurs, mais il cherche à la convaincre directement de passer à l’acte d’achat. »

A ce moment du film, ma fille de 12 ans me sort : c’est quoi le télé-achat ?, et là ce fut une révélation. Oui, dans quelques années je pense qu’il n’y aura plus de spectateurs attendant patiemment qu’on leur dise quoi acheter devant leur écran de télévision, je pense qu’il y aura au contraire des consommateurs actifs cherchant la meilleure consommation qu’ils peuvent effectuer en comparant les offres.

SPECTATEURS OU CONSOMMATEURS

Je pense qu’il n’y aura plus de spectateurs tout court mais des gens qui choisissent quel programme ils veulent regarder, quel produit intellectuel ils veulent consommer afin d’enrichir leur bagage culturel.

On y est déjà : Croyez-vous que la majorité des jeunes attendant devant l’écran de télévision que leur émission commence ou que l’heure de leur film arrive ?

Croyez-vous que les jeunes générations attendent toute la semaine ou même toute l’année qu’un film qu’ils veulent voir passe à la télé ?

LA JEUNE GENERATION

Ils n’attendent plus qu’on les serve : ils se servent eux-mêmes en piochant dans l’offre virtuelle le film ou l’émission qu’ils désirent voir dans la minute.

  • En téléchargeant l’émission sur internet
  • En la louant au vidéo-club
  • En achetant le Blu-Ray
  • En payant le film sur la chaîne de vidéos à la demande

D’ici quelques temps, on va assister à coup sûr à la fin du direct et donc à la fin de la télévision imposée par les chaînes. Les chaînes de télévision devraient disparaître au profit de gigantesques réseaux d’émissions à la demande, listées et facilement accessibles. Comme le dit cet article de La Croix daté de novembre 2015, bientôt la réalité virtuelle viendra concurrencer de plein fouet les simples écrans :

« Un nouveau média risque d’accaparer leur temps disponible : la réalité virtuelle, qui propose une immersion totale dans un environnement à l’aide de casques spéciaux, devenus bon marché. Ceux qui ont essayé cette nouvelle technologie décrivent des sensations inédites et « troublantes » de « perte de repères terrestres », d’« impression d’être coupé du monde », « téléporté dans un jeu vidéo, un reportage, un match ». »

MICHEL SERRES ET SON LIVRE PETITE POUCETTE

Le philosophe français Michel Serres l’exprime très bien à l’occasion de son livre Petite Poucette :

Nos sociétés occidentales ont déjà vécu deux grandes révolutions : le passage de l’oral à l’écrit, puis de l’écrit à l’imprimé. La troisième est le passage de l’imprimé aux nouvelles technologies, tout aussi majeure. Chacune de ces révolutions s’est accompagnée de mutations politiques et sociales : lors du passage de l’oral à l’écrit s’est inventée la pédagogie, par exemple. Ce sont des périodes de crise aussi, comme celle que nous vivons aujourd’hui. La finance, la politique, l’école, l’Eglise… Citez-moi un domaine qui ne soit pas en crise ! Il n’y en a pas. Et tout repose sur la tête de Petite Poucette, car les institutions, complètement dépassées, ne suivent plus. Elle doit s’adapter à toute allure, beaucoup plus vite que ses parents et ses grands-parents. C’est une métamorphose !

L’interview de Michel Serres en 2013 suite à la parution de Petite Poucette :

Cette interview, et ce livre de Michel Serres, nous feraient dévier de notre sujet initial qui a bien moins d’ambition. La nouvelle génération n’a plus que faire de la télévision à l’ancienne. Certes elle continue d’être abreuvée de publicités et de propagande, parce que ces outils commerciaux ont envahi internet de la même manière qu’ils ont corrompu la télévision et la radio.

LA PUBLICITE DANS LES DIFFERENTES FORMES DE MEDIAS

Pour preuve, j’écoutais l’autre jour la radio et comme par hasard, à un moment bien choisi la présentatrice déclame bizarrement : « Tiens, je mangerais bien une conserve William Saurin ». Bien entendu, ces mots prononcés par cette speakrine sont purement et simplement de la publicité rémunérée par William Saurin.

De la même manière, on pourrait trouver sur internet des articles de blogs possédant un lien « meilleur conserve lentilles saucisse » renvoyant vers le site officiel de William Saurin. C’est de la publicité de manière identique.

La différence entre le spectateur braqué devant le télé-achat et le jeune actif qui va chercher l’émission qu’il a envie de regarder, la différence se fait en terme de choix : le deuxième choisit ce qui va inonder son cerveau durant 1 heure ou 2 heures, il n’attend pas qu’on le lui impose.

TOUJOURS MANIPULES ?

Ce ne sont plus les médias que les gouvernants vont manipuler désormais : ce sont nos choix qu’ils vont tenter d’orienter.

Comment se défendre, comment se préparer à cela ?

Déjà en prenant notre temps avant de choisir et regarder une émission. C’est comme la nourriture qu’on achète dans le supermarché : mieux veut passer une heure de plus et revenir à la maison avec les bons produits qui seront bons pour notre santé et nous feront vivre plus longtemps.

Avec la culture, notre démarche devrait être identique : mieux vaut bien se renseigner avant d’acheter un livre, regarder une émission ou se passer un film. Après tout, tout cela constitue notre nourriture intellectuelle. Mieux vaut ne pas se louper si on ne veut pas finir abrutis.

Tiens, je finirais bien mon article comme ça moi.

A +

Greg

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Commentez ici

  • Mimie 31 mai 2016, 21 09

    « On a toujours le choix », voici une de mes formules préférées qui colle bien à ce billet. C’est vrai que nous avons de plus en plus le choix de ce que nous regardons, d’ailleurs je rajouterai les plateformes de streaming que tu n’as pas cité, genre Netflix ou hulu, qui permettent, selon rémunération mensuelle, d’accéder à une bibliothèque de films/séries conséquente.
    Je note ton film avec De Niro, ça a l’air de se regarder 🙂

    Réponds !

  • Greg 31 mai 2016, 23 11

    Kikou Mimie.
    « On a toujours le choix » est une phrase qui me met mal à l’aise. D’un côté c’est un peu facile d’asséner ça au petit ouvrier complètement emberlificoté dans ses crédits et ses fins de mois à boucler. De l’autre c’est vrai que parfois je me dis qu’il ne tient qu’à moi de complètement changer et de tout remettre en question… s’il n’y avait que moi. Souvent, « le choix » est plus compliqué qu’il n’y paraît de prime abord. D’autant plus que la société fait tout justement pour nous enlever tous nos choix et nous forcer à rentrer dans le moule.
    Bien vu pour les plateformes de streaming. Je n’ai pas testé, c’est peut-être pour ça.
    De Niro me fait toujours marrer. Et Jennifer Lawrence me fait toujours triper. Dans Beautiful Therapy ce duo d’acteurs est encore meilleur !

    Réponds !

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