Dans le monde occidental, les relations réussies et heureuses deviennent un mirage. Par ailleurs, la détresse psychologique sous forme de dépression et d’anxiété est un problème croissant.
L’avènement de la pornographie a-t-il contribué à ces problèmes ? Les robots travailleurs du sexe vont-ils aggraver ces problèmes ? Étant donné que la santé sexuelle contribue activement et fortement à notre stabilité mentale, les robots sexuels pourraient représenter un fardeau majeur pour nos relations de genre modernes déjà fragiles.
En termes de sexualité, nous vivons dans une société qui évolue rapidement et notre nature, nos croyances profondes, ne suivent pas le rythme. À l’heure actuelle, les hommes sont plus fragiles qu’ils ne l’ont jamais été, notamment en raison de la grande disponibilité de la pornographie gratuite et de la prostitution bon marché. Notre société patriarcale donne aux hommes la liberté d’expérimenter la sexualité d’une manière qui ne correspond pas à la réalité, à la volonté de leurs homologues féminines. Les robots sexuels ne sont donc qu’une étape supplémentaire dans le processus de séparation technologique entre les attentes sexuelles des hommes et des femmes.
Dans le Massachusetts, un homme a pu se marier avec un robot. De plus en plus de personnes vivent avec des poupées en silicone, ils les habillent, leur achètent des petits sous-vêtements, etc. Cela existe aussi en France, pour preuve cet individu qui vit depuis plusieurs années avec sa poupée en silicone, qu’elle soit nue au lit ou habillée dans la vie de tous les jours (devant la télé, à table quand il mange, dans la douche avec lui).
Les robots seraient le futur de la prostitution
Dit autrement : dans quelques dizaines d’années (2040/2050 selon les prévisions), un homme n’aura qu’à demander à son robot de lui faire l’amour. Quand on y réfléchit, on se dit qu’après tout ce n’est pas plus bête :
- fini le tourisme sexuel ; le robot pourra être exotique à loisirs
- finis les réseaux d’esclavage
- finies les maladies sexuellement transmissibles, les robots étant par nature aseptisés
- aux clients : la beauté parfaite et le physique parfait
- des sex toys à gogo : on peut imaginer toutes les étrangetés avec une femme ou un homme – robot
- aucun fantasme irréalisable
Le pour
Personne n’est forcé à faire quoi que ce soit. Les prostituées actuelles ne verront pas leur plus vieux métier du monde renvoyé au placard : elles devront s’adapter, proposant au client une humanité que les robots ne pourront jamais procurer.
Le contre
Cela peut faire peur de se voir ainsi remplacé par des robots, mais après tout le sexe n’est-il pas déjà un commerce avec les pornographies en tout genre qui s’affichent devant nos écrans de télévision, dans les clips, etc. ?
La technologie, elle, est sur le point d’émerger même si elle risque d’être excessivement chère dans les premiers temps.
Dans un premier temps, les prostitué(e)s robotiques remplaceront celles et ceux qui se trouvent dans les établissements spécialisés. Puis, dans un second temps, nous en posséderons tous un chez nous, nous assistant au quotidien. (Source)

Une question éthique fondamentale
Cela nous incite à réfléchir à la signification du lien humain ainsi qu’aux limites éthiques que nous visons à préserver dans une société de plus en plus axée sur la technologie.
La voie à suivre exige non seulement une réflexion approfondie, mais aussi un engagement collectif pour préserver l’intégrité des liens humains et les valeurs éthiques qui soutiennent notre tissu social. Les discussions sur les robots sexuels requièrent une approche nuancée qui reconnait à la fois le pouvoir de l’individu et les implications sociales plus larges. Les législateurs doivent trouver un équilibre entre les droits individuels et la protection contre les éventuels préjudices sociaux.
L’un des principaux défenseurs des robots sexuels est David Levy, l’auteur du livre Love and Sex with Robots (2007) qui souligne leur potentiel à satisfaire divers besoins tels que la compagnie pour les personnes isolées, la gratification sexuelle pour ceux qui n’ont que peu d’options, et même la thérapie pour ceux qui ont des difficultés avec l’intimité. D’autres membres du groupe qui défendent l’utilisation des robots sexuels, en particulier ceux qui défendent l’angle de la liberté individuelle, soutiennent que les individus consentants devraient avoir le droit de suivre leurs préférences sans jugement ni interférence sociale.
Mais ce débat se situe à la croisée des chemins moraux. Kathleen Richardson, qui a fondé la Campagne contre les robots sexuels en 2015, affirme que faire un rapport sexuel avec un robot est éthiquement analogue à faire un rapport sexuel avec une prostituée, dans lequel seul l’acheteur est reconnu comme une personne et les émotions et les sentiments ne sont pas pris en compte.
L’objectivation, un problème persistant, reste un point central, soulevant des questions sur les implications de la réduction des relations humaines complexes à de simples interactions physiques avec la technologie. Les détracteurs de l’utilisation de robots sexuels craignent que ces partenaires artificiels ne favorisent une vision négative des relations authentiques. La participation à des liens personnels avec des robots pourrait nuire à l’empathie, à l’intimité et à la cohésion sociale qui nous unit tous.
En d’autres termes, ces relations pourraient nuire aux relations interhumaines, à l’empathie et à l’intimité en réduisant les liens humains complexes à de simples interactions physiques avec la technologie. L’utilisation de robots sexuels pourrait également favoriser des attitudes négatives à l’égard des relations authentiques, notamment en ce qui concerne le consentement, l’intimité et les relations saines, en simulant certaines formes de violence sexuelle.
Les propriétés intrinsèquement mauvaises du sexe humain-robot
Le tort moral est mis en avant.
- Les arguments dans ce sens critiquent le sexe humain-robot pour son caractère non reproductif, ou pour le considérer comme une forme de sexe inter-espèce (considéré comme intrinsèquement mauvais)
- pour son absence de propriétés relationnelles essentielles devant exister lors de tout acte sexuel (peut-être que, selon cette vision, la masturbation serait également vue comme mauvaise)
- ou pour être une forme immorale d’hédonisme.
Les partisans de cette vision pourraient argumenter que ce tort moral direct et intrinsèque (encore une fois, potentiellement sans victime) pourrait être évité si nous interdisions préventivement les robots sexuels, tout comme empêcher les robots tueurs empêche un nouveau tort moral. Ces arguments sont-ils convaincants ?
Pour certaines personnes, peut-être. Mais ils semblent reposer sur une vision particulièrement conservatrice et liée au vice du sexe, qui est peu susceptible de prendre le dessus dans de nombreuses sociétés pluralistes. Bien que certaines personnes puissent se sentir motivées à s’abstenir d’utiliser des robots sexuels (s’ils venaient à être disponibles) sur la base de ces torts moraux directs perçus, elles devraient convaincre une grande partie de la population de leur vision conservatrice pour justifier un changement radical de politique.
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Conclusion
Les robots vont de plus en plus faire partie intégrante de la vie sociale humaine. Les robots sexuels en feront probablement partie. Bien que les opposants semblent profondément préoccupés par cette perspective, il n’y a rien dans la nature des robots sexuels eux-mêmes qui justifie une opposition préventive à leur développement.
Les arguments de la campagne anti-robots sont vagues et fondés sur une analogie trompeuse entre les robots sexuels et le travail sexuel humain. Les propriétés mauvaises des robots sexuels sont spéculatives et indirectes : empêcher leur développement pourrait ne pas empêcher que les problèmes se produisent. Empêcher le développement des robots tueurs est très différent : si vous arrêtez les robots, vous arrêtez le tort manifeste.
Lut,
Affirmation radicale. Bien entendu, il n’est pas question de remplacer qui que ce soit, homme ou femme, par des robots ou des androïdes, mais plutôt d’augmenter et de favoriser la liberté de chacun. Du moins c’est comme ça que je vois ce genre de produit. En tout cas ton intervention a le mérite de faire avancer le débat en élargissant son champ d’horizon.
Aujourd’hui,hui de moins en moins d’ homme accepte de divre en couple avec une femme: http://love-dolls-forum.com. Dans quelques année ces robots ne serviront pas de prostitue mais de femme au homme vivement que ce jour arrive.
Ouais, je les ai encore et j’avais aussi acheté la suite, que t’as pas dû lire par contre..
Mais si je les ai lu, tu les avais acheté, d’ailleurs tu dois toujours les avoir je pense … chui pâle 🙂
Excellent news en effet, rien que pour ça j’ai envie de me replonger dans toute la série Gunm. Miam !
PS : Si tu les as pas lus, je te conseille d’aller dans le quartier latin chez Gibert Joseph tu peux avoir les Gunm pour pas cher d’occasion. T’as cette chance-là de pouvoir aller facilement à Paris 🙂
Euh, ya de l’idée mais j’imagine mal nos femmes appréciaient d’avoir une robot-sexe à la maison 😀
Sinon news de folie, James Cameron envisage d’adapter au ciné Gunm, nommé « Battle Angel » : http://www.imdb.com/title/tt0437086/