Vous savez, la plupart des gens que je connais ont vu Death Note, mais je parierais que la plupart ne savent pas vraiment de quoi parle vraiment Death Note.
Même si le manga original n’a duré qu’environ deux ans et demi dans le Weekly Shonen Jump, la série a, depuis ses débuts en 2003, vendu plus de 30 millions d’exemplaires rien qu’avec trois volumes, donnant naissance à une adaptation anime ultra-populaire, à des films live-action (dont deux sur des scénarios totalement originaux), à un drama japonais, à plusieurs jeux vidéo, à des pièces de théâtre et comédies musicales, et même, hélas, à un remake américain produit par Netflix.
Critiquement, il reste l’un des mangas les plus acclamés et les plus débattus encore aujourd’hui. Curieux, quand même : ça semble surtout vrai en Occident, alors qu’au Japon, sa notoriété a assez décliné pour qu’il n’apparaisse même pas dans le top 100 d’un sondage TVSI auprès des lecteurs japonais fin 2020.
Appeler Death Note « monolithique » pourrait passer pour de l’arrogance, mais c’est difficile de trouver mieux. La plupart des séries de Jump, même les monstres sacrés comme Dragon Ball ou One Piece, existent dans le grand canon collectif de la marque. Death Note, lui, vit presque complètement à part, détaché de tout le reste. La simple mention d’un cahier qui tue rien qu’en y inscrivant un nom suffit à évoquer la franchise, avec ses innombrables parodies, hommages… et même, oui, de vrais meurtres commis en son nom. Aussi tordu que ça soit, ça ne fait que renforcer l’iconographie incroyable de cette histoire. Pourtant, dans toutes ces discussions publiques, j’ai l’impression qu’on a perdu quelque chose. Pas seulement les détails de l’intrigue, mais les idées centrales du manga, ensevelies sous des tonnes d’adaptations et de mauvaises interprétations, au point que le sens original a presque totalement disparu.
Dans cette analyse, je veux revenir à l’œuvre originale et me poser une question toute simple :
De quoi parle vraiment Death Note ?
Pour le scénariste Tsugumi Oba et le dessinateur Takeshi Obata, on a affaire à deux hommes aux parcours pour le moins intéressants. Une rumeur tenace (jamais confirmée officiellement) veut que Tsugumi Oba ne soit qu’un pseudonyme pour le gag mangaka Hiroshi Gamo. Le travail de Gamo était typique des séries comiques de Jump à l’époque : absurde, bourré de jeux de mots, destiné avant tout aux enfants. Ça lui valait une certaine cote auprès des équipes de Jump – assez pour déclencher une rivalité mémorable avec Yasushi Akimoto, qui a fini par abandonner sa propre série en accusant Gamo de lui voler la vedette. Mais le vent a tourné : après deux tentatives ratées en 1998 et 2000, Gamo a quasiment disparu des radars. Obata, lui, c’est une autre histoire. Il remporte le prestigieux prix Tezuka dès 1985 et signe sa première série, Cyborg Jii-chan G, à tout juste 20 ans. Il se forge vite une réputation de talent montant grâce à plusieurs collaborations dans les années 90, avant d’exploser vraiment en 1998 avec Yumi Hotta sur Hikaru no Go. Succès phénoménal, regain d’intérêt pour le go, et la série dure jusqu’à mi-2003… juste quelques mois avant le début de Death Note.
Pourquoi je vous raconte tout ça ? Pour replacer la série dans son contexte. Death Note n’est pas l’œuvre d’un jeune rebelle venu secouer Jump avec une vision révolutionnaire. C’est la collaboration d’un quadragénaire has-been caché derrière un pseudo et d’un artiste superstar encore au sommet, tous deux déjà bien implantés dans le système Jump.
En regardant la chronologie (fin de Hikaru no Go, publication du one-shot, puis sérialisation officielle), on voit clairement que tout était planifié dès le départ. Le one-shot servait juste à tester la réception et à imposer le faux nom d’Oba. Les écarts artistiques par rapport à la norme Jump ne viennent pas d’un visionnaire qui défie la hiérarchie, mais d’une hiérarchie qui s’écarte délibérément d’elle-même… pour maximiser les revenus.

Du coup, cette idée répandue que Death Note « ne colle pas » avec le reste du catalogue Jump est vraie en surface. À l’époque, Jump misait surtout sur des récits lumineux, fantaisistes, pleins d’optimisme juvénile. Death Note, lui, est d’un cynisme glacial, très ancré, et avance moins par climax explosifs que par une construction minutieuse et une exploration détaillée de ses personnages. Une douzaine seulement ont vraiment du temps de page, et même là, le manga évite presque toujours les longs flashbacks explicatifs sur leurs passés ou motivations. Il préfère se concentrer sur un récit unique, continu, sans pause.
Light lui-même renforce ça. Évidemment, c’est un meurtrier de masse, mais surtout, il n’a rien du héros auquel le lectorat cible de Jump pouvait s’identifier. Contrairement aux marginaux et délinquants qui dominaient les protagonistes depuis quinze ans, Light est un élève modèle destiné à la meilleure université du pays, aimé de tous, populaire auprès des filles, fils d’un haut responsable de la police japonaise. Ce n’est pas un personnage relatable, c’est l’archétype même du jeune Japonais idéal. Et le manga utilise précisément ça comme raccourci pour toute sa caractérisation, qui imprègne chaque aspect de sa personnalité et de ses actes.
Ce qui frappe particulièrement, c’est le one-shot pilote original
Il garde les bases (le Death Note, les shinigami, Ryuk), mais tout le reste est radicalement différent – et bien plus proche d’un manga Jump classique. Le héros, Taro Kagami, est un gamin ordinaire de 13 ans qui, après avoir tué accidentellement ses harceleurs, est horrifié au point de ne plus dormir. Il refuse d’utiliser le cahier ensuite, coopère avec la police, risque sa vie pour empêcher son meilleur ami de s’en servir. Bref, tout l’opposé de Light.
Le plus choquant ? L’ajout d’un « death eraser » : une gomme fournie par Ryuk qui efface les noms et annule les morts (tant que le corps est intact). Aucun inconvénient. Le climax montre même Taro s’en servir sur lui-même pour prouver que ça marche. Le one-shot se termine par la destruction du cahier et, années plus tard, Taro et Ryuk observant comment il est devenu une légende urbaine. La dernière page pose directement la question aux jeunes lecteurs : qu’est-ce que vous feriez, vous ?
Ce pilote a très probablement été fait après que la sérialisation était déjà validée. Du coup, il n’était pas là pour teaser la vraie prémisse, mais juste l’idée brute : un cahier de shinigami qui tue en écrivant un nom. Et c’est révélateur de toute la série. Ce qui a vendu Death Note, c’est ce concept et tout ce qu’il permet. Dans un Jump dominé par trois gros piliers, Death Note était la pièce edgy, l’outsider qui cassait les codes et attirait l’attention justement pour ça. L’art alternatif de Jump… tout en restant quand même bien dedans.
Oba a déclaré dans plusieurs interviews qu’il n’avait jamais voulu que Death Note soit vu comme un dilemme moral autour du cahier lui-même. La série était d’abord pensée comme du divertissement pur. Ça se voit dans la structure : même si tout tourne autour de Light et ses complices qui tuent en masse presque tous les jours, le manga fait tout pour minimiser ça. Hors rares exceptions, on ne voit quasiment jamais les corps, malgré les centaines de victimes implicites. Les conséquences sociétales sont à peine évoquées. À la place, on a de longs monologues sur la bataille d’intelligence point par point entre Light et L.
Ton surprenant léger vu le sujet : gags constants pour relancer le rythme. Ryuk, Misa ou Matsuda font ou disent régulièrement des bêtises, et Light, en homme sérieux, réagit à peine – gag récurrent. Changements de ton brutaux : Light et L qui se lient sur un match de tennis intense, Matsuda dans des comédies d’erreurs pour échapper au groupe Yotsuba… Misa, meurtrière de masse, reste juste l’acolyte joyeuse de Light, sa désinvolture jamais vraiment soulignée. Même le sourire trademark de Light, souvent source de tension, devient gag quand il le garde dans des moments inappropriés.
Tout ça pour dire que déconstruire Death Note comme une grande œuvre philosophique mature (ce qu’il n’est absolument pas) révèle son vrai attrait : le ping-pong intellectuel entre Light et L. Ryuk n’est qu’un observateur passif, source d’expo et interlocuteur pour Light.
Dans la première partie, chaque scénario explore les pièges que L tend à Light et les échappatoires que Light invente, avec dissection de chaque détail. Exemple parfait : chapitres 16-17, L fait poser des micros dans la chambre de Light. Impasse totale : soit Light arrête de tuer et se grille indirectement, soit il continue et se fait repérer. On suit Light découvrir la surveillance, demander à Ryuk de virer les caméras, mettre en place sa couverture… mais jamais victoire totale : son stratagème crée quand même une anomalie qui renforce les soupçons de L, qui finit par s’inscrire à son université.
C’est ça, la première partie : réinvention stylisée du duel Holmes-Moriarty, mais du point de vue de Moriarty. L est l’opposé parfait de Light (apparence, posture, attitude). Soichiro (Watson) et Misa (Moriarty’s aide loyale) complètent le tableau. Et tout est encadré par les règles, détaillées à la fin de presque chaque chapitre, même celles jamais utilisées servent à poser les limites du possible et à faire cogiter le lecteur. Light ira jusqu’à falsifier des règles pour un alibi parfait. Voilà l’essence : les jeux d’esprit si poussés qu’ils exploitent jusqu’aux mécaniques mêmes de l’univers.
Différence manga / anime
Manga et anime suivent le même déroulé jusqu’au bout : le dernier plan de Light pour éliminer Near, la task force et le SPK via Mikami échoue, son identité est révélée. Il tente de tuer Near avec le bout de cahier dans sa montre, Matsuda le descend, il se vide de son sang, Ryuk achève le boulot.
Dans le manga, tout est fait pour rendre Light le plus pathétique possible : il se tord de douleur, supplie qu’on l’aide et qu’on tue les autres, répète désespérément qu’il ne veut pas mourir. Ryuk écrit son nom, son corps tombe. Double page finale : son cadavre hébété, aussi laid que ses victimes.
Dans l’anime, Light parvient inexplicablement à s’enfuir malgré les balles, on a un lent flashback de sa vie sur musique triste, il meurt calmement dans un escalier, Ryuk le console en disant qu’ils se sont bien amusés. L’épilogue du manga est supprimé. Résultat : une fin centrée sur la tragique ascension et chute de Light, à des années-lumière du manga. En gros : Light voulait bien faire, on devrait le plaindre malgré ses crimes.
Cette réinterprétation, cette volonté de justifier une lecture erronée, se retrouve dans toutes les autres adaptations, qui s’empilent et renforcent l’idée… jusqu’à ce qu’on relise le texte original et que tout s’effondre. Les films live-action accélèrent l’escalade des crimes, mais donnent plus de backstory et de motivations à Light et Misa, le rendant bien plus sympathique, avec une mort plus humanisante. Le drama japonais sacrifie l’intelligence et l’ego démesuré de Light pour en faire un étudiant ordinaire qui tient à sa famille, sauve des gens en tant que Kira. L’adaptation Netflix, elle, va jusqu’au bout : Light devient le cliché de l’ado harcelé qui veut juste améliorer le monde, horrifié à l’idée de tuer des innocents… et tous ses défauts originaux sont transférés à Misa dans un grand moment de girlbossification ratée qui vire à la misogynie.
Mon but n’est pas de lister tout ce qui rend Light plus sympathique dans les adaptations, mais de montrer le pattern : ses traits de villain pur (tuer sans hésiter les innocents sur son chemin, zéro empathie sauf pour lui-même, refus total de voir le mal dans ses actes) gênent la vision dominante de ce que Death Note « devrait » être. Du coup, on corrige le récit original pour coller à cette attente… ou on en fait une bromance épique entre Light et L (ça arrive souvent aussi).

Une critique sociale
L’ironie, c’est que malgré tous les symboles bibliques et les débats bien/mal, aucune adaptation ne semble vraiment saisir ce qu’est le manga original : une critique sociale. Début 90, le Japon subit un effondrement après dix ans de croissance folle. La bulle éclate en 1989, récession pour vingt ans. La génération la plus touchée ? La « génération perdue » : ces jeunes pressurisés toute leur vie pour étudier à mort, viser les meilleures universités, hériter du monde… et qui débarquent sur un marché du travail vide, avec une génération aînée qui refile ses problèmes. Cette désillusion imprègne toute la culture post-bulle… jusqu’à un événement terrible.
Mars 1995 : attaques au gaz sarin dans le métro de Tokyo. Paquets dissimulés, percés avec des parapluies à l’heure de pointe. 13 morts, un millier de blessés graves – pur hasard si ce n’était pas pire. Panique totale. L’organisation responsable ? Un groupe religieux controversé basé près du mont Fuji, en pleine croissance depuis l’éclatement de la bulle. La société les qualifie de pur mal : membres forcés de tuer famille et amis pour prouver leur loyauté, assassinats de critiques et de leurs proches, orgies droguées, leader charismatique prêchant l’apocalypse et la guerre mondiale, stockage d’armes, plans bioterroristes… But : renverser le gouvernement, déclencher une guerre dont seuls les « élus » survivraient. Ils envoient même une bombe au gouverneur de Tokyo. Condamnations à mort pour les cadres. Nom du groupe : Aum Shinrikyô.
Ce qui rend ces crimes si marquants, ce n’est pas leur horreur (le Japon en avait vu d’autres : guerres yakuza, meurtre de Junko Furuta, tueur otaku…). Ces crimes-là venaient de marginaux, de monstres qu’on pouvait rejeter. Aum, non : ses membres étaient surtout des jeunes fraîchement diplômés des meilleures universités, ceux censés reprendre le flambeau. La désillusion les a poussés vers un collectif de monstres. Leur leader, Shôkô Asahara, se présentait comme réincarnation de Bouddha et Christ, prenant sur lui les péchés du monde pour apporter le salut… peu importe l’horreur.
Sources principales
- Attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo (Wikipédia français)
- Aum Shinrikyō (Wikipédia français)
- Tokyo subway sarin attack (Wikipédia anglais)
- Aum Shinrikyo (Wikipédia anglais)
- Tokyo subway attack of 1995 (Encyclopædia Britannica)
- Aum Shinrikyo: The Japanese cult behind the Tokyo Sarin attack (BBC News, 2018)
- 30 years after deadly Tokyo subway gassing (Associated Press, 2025)
- Destroying the World to Save It: Aum Shinrikyo, Apocalyptic Violence, and the New Global Terrorism – Robert Jay Lifton (1999)
Cette conviction, c’est exactement ce que Light représente. Pas Lucifer, mais l’amertume et la désillusion qui peuvent pousser l’« avenir de la société » à devenir meurtrier de masse. Comme il le dit dans le final, son désir de « dieu » ne vient pas de l’arrogance, mais de la conviction que quelqu’un devait prendre ce rôle pour redresser le monde. Il voulait que Kira devienne la nouvelle normalité : rappel constant que le mal attire une punition divine. Il cible ceux qui nuisent délibérément à la société, s’oppose même à Mikami quand celui-ci tue des repentis. Tous les personnages qui sympathisent avec Kira (Misa, Matsuda, Takada, Mikami) sont de la même génération. Light est ce qu’ils veulent : un sauveur qui améliore vraiment les choses.
Évidemment, Light a tort. Comme le dit Near : dans un monde sans bien ou mal objectif, ses actes ne sont que ceux d’un meurtrier. Son refus de voir sa propre humanité le pousse à croire qu’il peut devenir ce dieu. Sa chute vient de son besoin que les autres comprennent sa vision : Mikami, trop zélé, ruine tout ; acculé, Light renie Mikami, qui le renie en retour en voyant enfin qui est vraiment son « dieu ». La vraie défaite de Light ne vient ni de L ni de Near, mais de Matsuda.
Dès le début, Matsuda est le comique de service
On le traite d’idiot en boucle, on l’humilie, on le met en danger, on l’ignore. Du coup, quand c’est lui qui descend Light, le criblant de balles malgré les ordres, obligé d’être retenu pour ne pas l’achever, le choc est immense.
Matsuda est dans la zone grise : il sait que Kira tue en masse, mais il sympathise avec l’idée d’un monde meilleur. Il représente le jeune lecteur, désillusionné comme Light, qui veut y croire malgré tout. En le faisant rejeter Light si violemment, Oba nous dit clairement ce qu’il faut penser : Light n’est pas un dieu, mais un serial killer cinglé imposant sa vision. Aum n’était pas une société divine, juste une secte terroriste.
La révélation finale (dernière page de règles) : pas d’au-delà. Nihilisme cosmique pur. Light le savait, mais face à la mort, il craque, supplie pitoyablement. Kira est vaincu, son monde détruit, son héritage effacé. Cautionary tale ou mauvaise blague.
Alors, que reste-t-il ? L’épilogue du manga (coupé dans l’anime) : un an après, le monde est revenu comme avant. Matsuda, traumatisé, spéculant sur Near… pas par logique, mais parce qu’il voulait encore croire en Light. Le monde a repris son cours. Tout ce qu’ils ont fait était-il juste ? Ide répond : peu importe si Near valait mieux que Light. On est vivants. Pas de justice, mais la vie continue. Ça ne suffit pas, ça ?
Imparfait, oui, mais ces imperfections montrent la puissance de l’œuvre. Elle finit par détruire tous les idéaux qu’elle avait posés, prouvant qu’on voulait juste y croire. On rêve tous d’un sauveur capable de réparer le monde. Ce désir est dérangeant, mais humain. Et tant qu’on vit, l’illusion persiste.
Sur Des Geeks et des lettres

Questions fréquentes
De quoi parle vraiment Death Note ?
Death Note montre à quel point la vision idéaliste de la justice d’un jeune désillusionné peut être dangereuse et erronée. C’est une critique sociale liée à la génération perdue japonaise et aux événements comme les attentats d’Aum Shinrikyô.
En quoi la fin de l’anime diffère-t-elle de celle du manga ?
Dans le manga, Light meurt de manière pathétique, suppliant et se tordant de douleur, montré comme un cadavre repoussant. Dans l’anime, il s’enfuit, a un flashback mélancolique et meurt calmement, ce qui rend sa chute tragique.
Qui représente Light Yagami ?
Light incarne l’amertume de la génération perdue japonaise – ces jeunes élites qui, désillusionnés, pouvaient basculer dans l’extrémisme, comme les membres d’Aum Shinrikyô cherchant un salut délirant.
Pourquoi le rôle de Matsuda est-il décisif dans le final ?
Matsuda, comique et sympathisant malgré lui, finit par abattre Light. Il représente le jeune lecteur désillusionné qui rejette finalement l’idéologie de Kira.
Quelle est la révélation finale du manga ?
La dernière règle affirme qu’il n’existe pas d’au-delà : pur nihilisme cosmique. Light, qui le savait, craque face à la mort et révèle son vide intérieur.
Conclusion
J’aime le fait que Ryuk soit en quelque sorte le substitut du spectateur.
Au début, tout commence simplement parce qu’il s’ennuie. Puis, pendant tout le film, il passe son temps à grignoter, sans jamais encourager ni aider personne de manière excessive, se contentant d’observer avec une quasi-omniscience dans l’espoir de voir quelque chose d’intéressant. Il rit toujours lorsqu’il y a une interaction amusante. À la fin, sans attachement particulier, il met simplement un terme à l’histoire et dit : « Ouais, c’était plutôt sympa. Merci de m’avoir diverti, Light ».
