Une génération sacrifiée à l’aune de la gentillesse

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Écrit par Grégory Hénique

Mon goût pour la liberté : internet, lectures, culture, et quelques tutos utiles.

Je reviens encore une fois vers Régis Debray qui possède un franc-parler rare en politique, ce qui le rend remarquablement intéressant. Deux de ses citations sont à l’origine de cet article :

1 – La croyance dans le droit et dans la bonté des hommes n’entraîne pas à la virtu, mais débouche régulièrement sur l’obéissance à la loi du plus fort.

et

2 – La génération actuelle a la mémoire courte et n’a jamais pris de coups sur la figure. Grandie dans une bulle, elle traverse dans les clous. Et subit l’obligation d’être sympa. Ceux qui cassent la baraque ne sont jamais sympas.

Être bon ou assujetti ?

Depuis les années 60, on enseigne aux générations de l’après-guerre qu’un bon enfant est un enfant :

  • gentil
  • poli
  • croyant en la justice
  • obéissant.

Gentils et méchants

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Pourtant, former des enfants aussi polissés n’entraîne-t-il pas le risque de créer des enfants incapables de se défendre par eux-mêmes et dépourvus de ressort face à la méchanceté quand elle se présente ? C’est ce qu’affirme Régis Debray quand il affirme que la croyance dans le droit et dans la bonté des hommes débouche sur l’obéissance à la loi du plus fort.

  • Oui nous obtenons des enfants respectueux et bons
  • Mais ils deviennent serviles et plient l’échine dès qu’un plus fort se présente

Cette réflexion mérite d’être menée en ces temps où nous sommes censés, si l’on écoute le gouvernement, repenser à notre éducation à la française. La façon dont nous éduquons nos enfants les conditionne, en ce sens nous n’avons pas trop intérêt à nous louper, d’autant que sous des aspects bon-enfant, la société actuelle cache en réalité un loup économique peu enclin à la compassion.

Être ou ne pas être sympa ?

Régis Debray enfonce le clou avec cette deuxième citation. Il répète que la génération actuelle a vécu dans une bulle protégée de la guerre et des difficultés. « Elle traverse dans les clous » signifie qu’elle ne dévie pas du chemin rectiligne que ses parents lui ont tracé, sans oser braver l’interdit. Le revers de la médaille, c’est que cette génération, selon Debray, « subit l’obligation d’être sympa », c’est-à-dire qu’enveloppée dans un coton de gentillesse, elle n’a même plus l’opportunité d’en sortir. Cela paraîtrait bizarre, pour quelqu’un de gentil, que de montrer les crocs du jour au lendemain.

Et pourtant, selon l’auteur, « ceux qui cassent la baraque ne sont jamais sympas ». Ceux qui cassent la baraque sont ceux qui osent emprunter d’autres chemins que celui qu’on place sous leurs yeux. Ils n’attendent pas la guerre pour se préparer à se défendre. La meilleure défense, c’est l’attaque.

Êtes-vous d’accord avec le fait qu’il ne faut pas apprendre à nos enfants à être trop gentils ?

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4 réflexions au sujet de “Une génération sacrifiée à l’aune de la gentillesse”

  1. Oui, pas évident comme question. Parfois je me dis qu’il vaut mieux être dur et con pour pas trop morphler. Mais nous avons tous une part d’honneur et de noblesse qui nous en empêche. Une chose est sûre : éduquer ses enfants est passionnant.

  2. Je ne suis pas d’accord avec le fait d’élever les enfants à ne pas être trop gentils, il faut continuer à les éduquer dans ce sens, mais en ajoutant le droit d’être « méchant » dans certains cas extrêmes, à nous de leur apprendre à reconnaître quand ils ont le droit ou non de dépasser les limites.

    Mais en général, les enfants sont gentils jusqu’à ce qu’une expérience personnelle plus ou moins douloureuse leur face réfléchir à ce sujet.

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