La société de consommation telle qu’elle est devenue semble bien rôdée. Certains, comme le professeur d’économie Serge Latouche, la résument dans trois notions successives :
Consommation : 1/ la publicité
La publicité vous tente. Elle vous pousse à acheter, consommer.
Bref. Mais derrière cette apparente simplicité se cache un système complexe.
La publicité, comme le rappelle la définition classique, désigne l’ensemble des actions mises en œuvre par une entreprise pour se faire connaître et communiquer sur ses produits. Historiquement, les agences publicitaires réalisaient de très fortes marges à l’insu de leurs clients sur les achats d’espace qu’elles effectuaient.
C’est la loi Sapin, en France, qui a mis fin à cette opacité en imposant une transparence sur les transactions. Aujourd’hui, la publicité a évolué vers un ciblage psychologique de plus en plus fin.
Les marques ne se contentent plus de vanter les qualités d’un produit ; elles cherchent à créer un lien émotionnel, à vous faire croire que ce bien est essentiel à votre bonheur. Les enfants sont particulièrement exposés : dès le plus jeune âge, ils sont confrontés à des messages publicitaires qui façonnent leurs désirs et leurs attentes.
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La publicité n’est donc pas simplement une information, c’est un outil de conditionnement qui agit sur nos pulsions les plus profondes.
2/ le crédit
Le crédit vous permet d’acheter tout de suite, même si vous n’avez pas l’argent. Cette facilité apparente cache un piège redoutable.
En réalité, le crédit supprime la barrière du prix immédiat, vous faisant croire que vous pouvez vous offrir des biens au-delà de vos moyens réels. Les offres de « deuxième chance au crédit » ou de « troisième chance » sont particulièrement insidieuses.
Elles ciblent les personnes ayant un mauvais dossier de crédit, leur proposant des prêts privés à des taux souvent très élevés. Ces prêts, présentés comme une solution pour rebâtir un dossier de crédit, deviennent souvent un piège qui aggrave l’endettement.

Les concessionnaires automobiles, par exemple, proposent ces options pour vendre des véhicules à des clients qui n’auraient pas obtenu de prêt bancaire classique. Faire un deuxième crédit à la consommation après en avoir souscrit un premier est possible, mais les banques vérifient alors votre taux d’endettement global.
Le crédit n’est donc pas un outil neutre : il est conçu pour vous maintenir dans un cycle de dépendance financière, où chaque nouvel achat est financé par un nouvel emprunt, vous éloignant un peu plus de la liberté économique.
3/ l’obsolescence
Il s’agit du caractère éphémère du produit vendu : au bout de quelques mois ou années, il s’use. Ou s’arrête de fonctionner comme par enchantement. Ca pousse le client à renouveler son achat. L’obsolescence programmée ne se limite pas aux pièces mécaniques.
Elle touche aussi les logiciels. Comme le souligne la littérature sur le sujet, les logiciels libres et open source peuvent avoir une durée de vie bien plus longue, car ils peuvent être maintenus par des tiers et des forks.
En revanche, les logiciels propriétaires sont souvent abandonnés par le fabricant qui cesse de fournir des mises à jour de sécurité, forçant ainsi l’utilisateur à acheter un nouvel appareil ou une nouvelle licence. La diminution de la durée de vie de nombreux biens électroniques est en partie due à la demande des consommateurs eux-mêmes, habitués à des produits à bas coût et désireux d’avoir « le dernier cri ».
Du côté des producteurs, l’obsolescence est un moyen de garantir un flux constant de revenus. Les batteries de téléphone non remplaçables en sont un exemple emblématique : une fois la batterie usée, l’appareil entier devient quasiment inutilisable, poussant à l’achat d’un nouveau modèle.
L’obsolescence n’est donc pas un accident, c’est une stratégie économique délibérée.
Selon Latouche dans Bon pour la casse ! Les déraisons de l’obsolescence programmée, cette obsolescence serait voulue et recherchée par le créateur du produit.
Mise à jour juillet 2026 : Les débats sur l’obsolescence programmée s’intensifient, avec de nouvelles régulations européennes visant à imposer un indice de réparabilité obligatoire pour les appareils électroniques. Ce signal de fraîcheur confirme que la lutte contre ce phénomène est plus que jamais d’actualité.
Ces trois notions qui définiraient la société de consommation, on le voit bien, retirent quelque chose de capital à l’être humain : elles lui retirent une partie de sa liberté. Entraînés par ce cycle, nous ne serions pas libres d’en sortir, et même forcés de nous y plier.
La décroissance
Acheter pour faire comme les autres et ne pas être considéré comme has-been : voilà le résumé malheureux de certaines vies. Dans cette course à la propriété, où est la place donnée à l’épanouissement et au bien-être ? Vous y croyez, vous ?
On rejoint un des arguments mis en avant par la décroissance, une philosophie soutenue alle aussi par Serge Latouche, qui prône un frein au développement économique sans fin au profit d’une recapitalisation écologique.
On pourrait croire que le consumérisme est un phénomène récent. Mais en réalité, il prend racine dans les années 1960, avec des figures comme Ralph Nader qui a dénoncé les pratiques douteuses de l’industrie automobile.
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À l’époque, les consommateurs commençaient à s’organiser pour exiger des produits plus sûrs et plus honnêtes. Aujourd’hui, cette dynamique a pris une ampleur inédite : vous n’êtes plus seulement un acheteur.
Vous êtes un acteur qui peut faire plier des multinationales via les réseaux sociaux. La différence ?
- Avant, on militait pour des droits de base (comme le remboursement d’un produit défectueux).
- Maintenant, on exige une transparence totale sur l’impact écologique, social, voire politique de chaque achat.
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C’est un glissement de la protection individuelle vers une responsabilité collective, presque militante.
La décroissance, en tant que concept politique et philosophique, remet en cause l’idée même que l’augmentation des richesses produites conduit à l’augmentation du bien-être social. Selon ses partisans, le productivisme a 3 conséquences négatives majeures :
- des dysfonctionnements de l’économie (chômage de masse, précarité),
- une dégradation écologique accélérée,
- et une aliénation sociale.
Ce concept, qui relève davantage de la philosophie politique que de l’économie, suscite le débat jusqu’au sein des écologistes. Des figures comme Sandrine Rousseau ou Delphine Batho en sont des défenseuses, tandis que d’autres y voient une utopie irréaliste.
La décroissance ne prône pas une récession subie, mais une réorganisation volontaire de l’économie autour de la sobriété et de la durabilité. Des expériences locales, comme les monnaies locales ou les circuits courts, montrent qu’il est possible de réduire la consommation tout en maintenant un niveau de bien-être élevé.
Le défi reste son application à grande échelle face aux logiques de croissance des marchés mondiaux. La question centrale est : peut-on vraiment être heureux sans posséder toujours plus ?
Cette théorie n’est-elle qu’un délire paranoïaque
La théorie de Serge Latouche a son charme, et on se laisse vite prendre au jeu quand on nous affirme que les constructeurs de voitures introduisent une pièce électronique défectueuse dans les véhicules pour qu’ils cassent au bout de dix ans. Mais est-ce la réalité ? Devinez le résultat.
Certains affirment qu’au contraire, une entreprise se fait davantage de marges en vendant un produit cher mais à longue durée de vie. Plutôt qu’un produit peu cher mais à courte durée de vie (ou durée de vie obsolescente)…
Un autre aspect méconnu, c’est l’influence des biais cognitifs dans vos décisions d’achat. Vous pensez choisir librement ? Pas si sûr. Prenez l’effet d’ancrage : si vous voyez un canapé à 2000 euros puis un autre à 800 euros, ce second vous semblera une bonne affaire. Même s’il est toujours trop cher.
Les marques exploitent cela sans vergogne, en présentant d’abord des options premium pour rendre les autres plus attractives.
→ Pour approfondir : Les meilleurs Adblock Android et bloqueurs de pub mobiles
Il y a aussi le biais de confirmation : vous cherchez des informations qui valident votre envie d’acheter, tout en ignorant les avis négatifs. C’est pour cela que les publicités vous montrent des gens heureux avec le produit, jamais des clients mécontents.
Votre cerveau est un terrain de jeu pour les marketeurs. Et ils le savent bien.
La question de la paranoïa mérite d’être examinée plus en profondeur
Vous avez déjà vécu ça ? Une galère, une trouvaille, un truc que vous auriez aimé savoir plus tôt ? Dites-le en commentaire. Je lis tout, et les meilleurs retours nourriront un prochain article.
En psychanalyse, le délire paranoïaque est défini comme la construction progressive d’un système cohérent par un ensemble d’interprétations, à partir de perceptions et d’observations.
Dans cette perspective, la théorie de l’obsolescence programmée pourrait être vue comme une tentative de donner un sens à des phénomènes économiques complexes. Maintenant là où le délire pathologique s’attaque à la reconnaissance de la réalité, la critique de la société de consommation s’appuie sur des faits documentés : des procès ont eu lieu, des fabricants ont été condamnés, et des régulations ont été mises en place.
La différence entre une pensée critique et une paranoïa réside dans la capacité à confronter ses hypothèses à la réalité empirique. Or, les associations de consommateurs publient régulièrement des listes noires des marques les plus concernées par l’obsolescence programmée.
Il ne s’agit donc pas d’un délire, mais d’une analyse rationnelle de mécanismes économiques bien réels.
Les biais cognitifs dans la publicité moderne
Sommes-nous réellement manipulés ? Ça vous étonne ?
Comment se protéger des biais cognitifs lors d’un achat ?
Pour éviter de tomber dans les pièges marketing, prenez le temps de comparer les prix sur plusieurs sites. Lisez des avis objectifs et attendez 24 heures avant tout achat impulsif. Cette pause permet à votre cerveau de reprendre le contrôle sur les émotions. Utilisez des bloqueurs de publicité pour réduire l’exposition aux messages manipulateurs.
L’obsolescence programmée est-elle vraiment légale ?
En France et dans l’Union européenne, l’obsolescence programmée est théoriquement interdite depuis la loi Hamon de 2014. Maintenant les preuves sont difficiles à rassembler, et les poursuites restent rares. Les fabricants utilisent souvent des arguments techniques pour justifier la panne, rendant la pratique difficile à condamner. La récente législation sur l’indice de réparabilité vise à contourner ce problème en forçant la transparence.
| Mécanisme | Objectif | Exemple concret |
|---|---|---|
| Publicité | Créer un désir artificiel | Campagnes émotionnelles pour des montres de luxe |
| Crédit | Supprimer la barrière du prix immédiat | Achat d’un smartphone à 0 euro avec forfait |
| Obsolescence programmée | Forcer le renouvellement | Batteries de téléphone non remplaçables |
Si vous souhaitez naviguer sur internet en toute liberté sans être traqué par les publicités ciblées, un VPN est un outil indispensable pour protéger votre vie privée. Nous vous recommandons ProtonVPN, une solution suisse respectueuse de vos données. Cet article contient des liens affiliés, ce qui signifie que nous pouvons percevoir une commission si vous effectuez un achat via ces liens, sans coût supplémentaire pour vous.
Mon avis
Au final, que faut-il en penser ? La société de consommation n’est pas un complot.
Mais elle repose sur des mécanismes bien réels qui limitent votre liberté. Entre la pub qui vous vend du rêve, le crédit qui vous endette et l’obsolescence qui vous force à racheter, le piège est subtil.
La solution ? Peut-être ralentir.
Consommer moins, mais mieux. Et surtout, garder un œil critique sur chaque achat.
C’est tout.
Quels sont les signes d’une obsolescence programmée sur un produit ?
Les signes incluent des batteries scellées, des pièces soudées qui ne peuvent pas être remplacées individuellement, des mises à jour logicielles qui ralentissent délibérément l’appareil, ou l’absence de pièces détachées après seulement deux ans. Les associations de consommateurs publient régulièrement des listes noires des marques les plus concernées.
La décroissance est-elle compatible avec l’économie moderne ?
La décroissance ne signifie pas une récession subie, mais une réorganisation volontaire de l’économie autour de la sobriété et de la durabilité. Des expériences locales, comme les monnaies locales ou les circuits courts, montrent qu’il est possible de réduire la consommation tout en maintenant un niveau de bien-être élevé. Le défi reste son application à grande échelle face aux logiques de croissance des marchés mondiaux.
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Ok, votre lien m’a l’air d’apporter une plus-value au blog, je le publie (je ne fais pas ça pour tout le monde). Bonne continuation.
Plasticienne engagée et descroissante, j’ai réalisé une série de dessins intitulée « Pouvoir d’achat ». Absurdité et cynisme des mots utilisés pour l’étiquetage des barquettes de viandes. Cette série de dessins aux crayons de couleur reprend mot pour mot les étiquettes des communicants de l’agroalimentaire. Affligeant comment les slogans font avaler n’importe quoi …
A découvrir : https://1011-art.blogspot.fr/p/dessein.html
Bon sujet en effet, que je traite régulièrement ici, voir par exemple => https://desgeeksetdeslettres.com/pourquoi/christophe-dejours-probleme-monde-du-travail 🙂
Je le répète, je ne suis pas contre le progrès, mais contre l’idéologie dominante bâtie par des gens et pour des gens qui ne veulent pas voir pas ce qu’il en coûte véritablement tant que ce n’est pas eux qui en payent le prix. En soi, le progrès est une bonne chose, s’il est raisonné et évalué non seulement sur le court-terme, mais aussi à plus longue échéance. Sinon, cela s’appelle en finance de la cavalerie, on court après en permanence pour réparer les erreurs et catastrophes qu’il engendre, ce qui est illusoire voire terrifiant, cf le démantèlement des centrales nucléaires, les dettes abyssales des pays occidentaux, les catastrophes sociales engendrées par la mondialisation, etc, etc…
Ce qui pêche dans l’idéologie du progrès, c’est l’absence de volonté d’études d’impact global, on se contente d’analyses à la petite semaine et à dieu-vat, la course est lancée et tout le monde se précipite, sans avoir pris suffisamment le temps de repérer le parcours. La fameuse ubris des anciens…
Pour revenir à ton sujet, un progrès dans notre consommation serait le renforcement de bonnes pratiques individuelles, un peu comme dans l’agriculture: les écologistes d’il y a 30 ans, un peu sectaires tout de même on a droit de le dire, ont au final permis directement et indirectement des avancées importantes dans le comportement des producteurs comme dans celui des consommateurs, entre autres l’émergence de l’agriculture bio-dynamique, de l’agriculture raisonnée, du commerce équitable …
Alors peut-être faut il des prêcheurs du retour à l’âge de pierre pour que les choses évoluent vers un ou des moyen-termes acceptables … La décroissance me parait être un de ces compromis , comme pourrait l’être le choix de la coopération plutôt que de celui de la compétition dans le monde du travail et de l’économie. Un autre sujet pour toi bientôt 😉 ?
Je te cite :
« C’est le progrès cela, c’est pour cela que les générations avant nous se sont épuisées au travail, au front, contre les inégalités, contre l’esclavage et l’esclavagisme ?
Le progrès doit nous servir, pas l’inverse. »
=> Au Moyen-Âge, les hommes et les femmes mouraient à 35 ans / 40 ans. La proportion serfs / nobles était bien plus importante qu’aujourd’hui. N’y a-t-il pas eu progrès ? Le système est-il si mauvais ?
Oui, c’est un argument souvent entendu lorsqu’on avance l’idée d’une décroissance nécessaire.: « et dans 2s , tu vas nous dire qu’il faut qu’on revienne à l’âge de pierre! » 🙂
Je crois que ce genre de discours sert surtout ceux qui profitent du système, largement soutenus par ceux à qui tout changement de mode de fonctionnement terrifie. Où est le vrai progrès et à quoi sert il quand tant de gens souffrent et même meurent chaque jour des conneries et de l’avidité de nos entreprises (armement, labos pharmaceutiques, semenciers et producteurs d’intrants, etc, etc…) ? Pourquoi, alors que chaque jour nous découvrons et produisons ces innombrables gadgets merveilleux, y a t’il autant de solitude, de pauvreté, de stress au travail, de prisons surpeuplées, de différence inimaginable de niveaux de vie, et là je ne parle pas du bout du monde, je parle de l’Europe, de la France ? C’est le progrès cela, c’est pour cela que les générations avant nous se sont épuisées au travail, au front, contre les inégalités, contre l’esclavage et l’esclavagisme ?
Le progrès doit nous servir, pas l’inverse. Tous, pas juste quelques uns aussi. En s’asservissant à lui, nous perdons chaque jour un peu plus de ce qui fait notre humanité. Personnellement, cela me désole, parce que je sais que nous valons bien mieux que cela, et que si nous avions un peu plus d’altruisme, moins d’appétit, et un peu plus de sens commun, le monde irait bien mieux que ce que je peux voir aujourd’hui. Parce qu’il y a des tas de défis à relever aujourd’hui que nos petits génies de l’industrie et de la finance pourraient résoudre en s’impliquant un peu plus dans quelque chose de réellement utile à tous. Oui c’est utopique. Mais utopique ne veut pas dire impossible, heureusement encore…
Pour moi, c’est un peu comme nos lois: nous avons déjà tellement d’outils à notre disposition que nous ne savons qu’en faire, nous ne les employons pas à 10% de leur capacité. Mais non, il faut encore et encore en imaginer et en produire qui seront tout aussi sous-employés ou vidés de leur sens… Utilisons déjà ce que nous avons, ce serait déjà pas mal, et réglons une bonne fois pour toutes ces problèmes que nous laissons en suspens, sans date, parce que nous croyons ou feignons de croire que parce que nous avons la solution théorique, ils n’existent plus. Ce qui est faux bien sûr, car il faut aussi agir pour régler les problèmes, pas seulement imaginer ou étudier… Le savoir faire n’est pas suffisant, une intention n’est pas suffisante …
Je ne suis pas contre le progrès, je suis contre la course sans fin au progrès pour la seule justification du progrès. Car pendant ce temps, les terres pillées meurent, les forêts meurent, des espèces animales disparaissent, les cultures précieuses disparaissent avec les peuples qui les choyaient, et tout ce joli progrès dont on nous rebat les oreilles ne fait rien pour eux; nous ne sommes que les locataires provisoires d’une planète qui s’épuise à vue d’oeil de notre parasitisme stérilisant.
Le progrès technologique c’est bien, je n’ai aucune envie de retourner à l’âge de pierre. Mais tout me dit qu’on s’y précipite à grandes enjambées qu’on le veuille ou non, et les responsables sont ces mêmes personnes qui s’esclaffent en y faisant référence, au lieu de réfléchir un peu, de prendre du recul, de faire la part des choses entre ce qui est utile et ce qui ne l’est pas, de comprendre la différence fondamentale entre envie et besoin…
Tu parlais de manipulation. La plus horrible des manipulations, c’est de faire croire à des gens qui n’attendent que cela qu’on s’occupe des problèmes et qu’en attendant, ils peuvent, je veux dire qu’ils doivent pro-fi-ter. De créer des besoins là où il n’y en avait pas auparavant. De faire croire que tout ce qui est produit aujourd’hui avec un coût absurde en pollution et en exploitation de la pauvreté est parfaitement pur et tellement désirable (nos produits cosmétiques, nos fringues, nos smartphones, etc, etc…). De rejeter sur les générations future ce qui est de notre responsabilité et tout à fait en notre capacité si on se retroussait un peu les manches: réparer au lieu de jeter, éliminer/retraiter nos déchets, éponger nos dettes abyssales, vivre mieux ensemble, etc etc …
Je ne crois pas un instant à l’arrêt de l’envie de progresser, je pense même que c’est un faux argument car c’est ce qui fait que l’homme est homme. Mais on peut progresser dans des tas de domaines, pas seulement dans l’art de consommer inutile et idiot ou d’amasser des biens largement au-dessus de nos besoins. Il suffit de changer d’angle et de priorités ! J’ai foi en l’intelligence de l’homme personnellement. En celle de nos prétendues élites, et des populations qu’elles manipulent pour mieux se goinfrer en loucedé, largement moins malheureusement…
Bonjour Olivier,
Ce qui me fait peur dans ce que tu dis, c’est la tentation dangereuse à mon avis, pour les « objecteurs de croissance », d’en venir à des solutions extrêmes, comme par exemple la limitation des naissances, la fin du progès, la fin de la volonté de progresser. (cf. https://desgeeksetdeslettres.com/web/la-decroissance-en-veut-a-lere-numerique )
Des solutions il y en a.
C’est du simple bon sens, si on prend du recul: une entreprise doit vendre le plus possible de produits dans des cycles de plus en plus courts pour survivre et garantir sa pérénité, et tout le système y concourre. Alors oui pour certains produits l’obsolescence est programmée, mais les causes sont diverses:
– matériaux de faible durée de vie, moins chers (offre)
– course à la techno et aux options gadget (demande)
– multiplication des normes de toutes sortes (réglementations)
– …
L’ère du jetable…. Aujourd’hui, même l’habitat et l’automobile sont touchés, alors qu’auparavant c’était des biens « durables »!
La crise actuelle le démontre bien, quand la consommation baisse un tant soit peu, l’économie s’effondre! Par peur ou par manque d’argent, on rogne sur tout ce qui n’est pas vital (quoiqu’en disent les pubs), on garde son portable un peu plus longtemps par exemple.
L’ennui, c’est que nous souhaitons imposer ces cycles de plus en plus court à la terre et à ses stocks de ressources qui ont mis des temps infinis à se constituer… Et nous, nous constituons d’énormes stocks de déchets de plus en plus polluants et inutilisables en l’état. N’importe qui avec un peu de bon sens voit bien qu’il y contradiction, et que la décroissance et la réutilisation sont obligatoires, qu’on en ait envie ou pas. Avec des emplois à la clef, mais pour quoi au final, c’est aussi une question: consommer différemment, vraiment? Ou continuer dans cette voie sans issue?
Hmm.. ça calme
Biensur que nous sommes manipulés, et j’ai assisté à ça en direct lors de mon stage en DUT dans une boutique d’instruments de musique : le réparateur a introduit un objet dans la guitare pour qu’elle « lâche » peut de temps après la soit-disante réparation (tout ça à la demande du directeur).
Donc oui nous sommes des vaches à lait, oui nous subissons le système et oui nous devenons gros, bêtes et peureux 😀 lol