Pendant 30 heures, Kingdom Come 2 est le jeu de rôle le plus immersif jamais conçu.
Puis, après le mariage, tout s’effondre. Vous n’êtes plus un paysan affamé, vous êtes un dieu en armure, et le jeu n’a plus aucune tension. C’est un défaut de conception que personne ne mentionne, et pourtant il change tout votre rapport à l’œuvre. Voici pourquoi.
Réaliste : Une ouverture qui vous met à genoux
L’histoire commence au début du XVe siècle. Le roi de Bohême Venceslas est capturé par son demi-frère Sigismond. Henri, un simple affamé, accompagne Hans Capon pour remettre une lettre à Otto von Bergow. Rien de très glorieux.
Après plusieurs cinématiques, des bandits attaquent leur suite. Henri, désarmé et caché, regarde impuissant. Le jeu vous place immédiatement en position de faiblesse. Vous ne décidez pas de tout, et c’est une force.
Henri a une personnalité définie. Ses actions lors des scènes importantes ne sont pas toujours décidées par le joueur. Cela joue contre Kingdom Come en tant que RPG pur, mais c’est nécessaire pour raconter une histoire. Les deux fuient, sont traqués, puis soignés par un herboriste.

Après avoir atteint leur destination, les problèmes continuent. Hans, traité comme un mendiant, se bat avec des habitants. Les deux finissent au pilori. Hans part seul, vous laissant sans amis, sans argent, sans conseils. Une excellente ouverture.
Cette séquence communique des informations sur ce monde, renforce les systèmes du jeu et permet un fort développement des personnages. Perdre tout au début d’une suite est un cliché qui fonctionne.
Mais le moyen n’est pas évident. L’histoire vous demande de partir dans le monde et de vivre une aventure. L’exploration n’est pas une distraction secondaire, c’est le but même du jeu (pour les jeux de RPG en général, voir notre article dédié).
Une Bohême plus vraie que nature
Qu’est-ce qui rend la Bohême de Kingdom Come 2 si réaliste ?
La conception visuelle du monde était une des grandes qualités du premier jeu. Kingdom Come adopte une approche naturaliste qui représente son monde tel qu’il aurait pu être. Le niveau de détail, les sons ambiants, l’éclairage réaliste, la densité des forêts, le château de Trosky… Tout concourt à une immersion totale.
La conception visuelle reste l’un des points forts. Le jeu ne sacrifie pas les performances pour la beauté. Contrairement à son prédécesseur, Kingdom Come 2 tourne bien, les fréquences d’images sont stables, même sur consoles. Un exemple rare de jeu bien optimisé dès sa sortie.
L’engagement envers la précision historique est continu. Les zones les plus impressionnantes sont basées sur des lieux réels. Le tableau général dégage un sentiment d’authenticité supérieur à celui de la plupart de ses pairs. Ce monde n’est pas conçu autour d’une liste d’activités répétables.
Un système d’immersion bluffant
Kingdom Come permet à certains espaces d’être vides. Il ne bombarde jamais le joueur d’objectifs constants. Si vous obtenez la compétence Explorateur, vous constaterez qu’il y a plus de points d’intérêt que vous ne le pensez. La différence est que le jeu ne vous attire pas constamment vers chacun d’eux.
Les nuits sont vraiment sombres. Les PNJ suivent des routines quotidiennes impressionnantes. Le monde est plein d’activités et d’industrie. L’immersion est complétée par les systèmes du jeu.
Kingdom Come: Deliverance est un retour à l’idée des mondes ouverts comme simulation. L’apparence du joueur en est un exemple parfait. Les vêtements et armures impactent le caractère ostentatoire, le bruit, la visibilité et le charisme.
Un charisme élevé suggère richesse et statut, rendant certains individus plus méfiants. Le dialogue est régulièrement impacté par l’apparence, ce qui vous incite à changer de tenue. Le jeu permet de créer trois préréglages de tenue. Mais le jeu a tendance à changer votre tenue au milieu d’une quête, ce qui peut être frustrant.
Le joueur peut devenir ensanglanté et sale, ce qui impacte ses statistiques et la façon dont les autres le traitent. Cela vous incite à vous laver ou à aller aux bains publics. Une quête secondaire chargeait Henri de creuser une latrine. Je me suis déshabillé pour garder mes vêtements propres. Ces systèmes récompensent les joueurs qui réagissent de manière réaliste.
Crime et châtiment
Le système le plus impressionnant est celui du crime. Voler, entrer par effraction, crocheter est mal vu. Les infractions mineures entraînent un avertissement. Les plus sérieuses font venir les gardes, avec une amende ou une punition à la clé (pilori, marquage, exécution).
Les conséquences inattendues m’ont impressionné. Les gardes me demandent de me fouiller au hasard parce que j’avais l’air suspect. Ou ils m’interrogent parce que des vols ont été signalés dans la région. Kingdom Come 2 propose un système de sauvegarde limité : vous ne pouvez sauvegarder qu’en vous reposant dans un lit ou en buvant une potion.

Le jeu propose des sauvegardes automatiques et une fonction de sauvegarde et de sortie. Le système de sauvegarde était controversé dans le premier jeu. Les potions de sauvegarde sont faciles à acquérir, les sauvegardes automatiques fréquentes. Le système actuel n’ajoute qu’un inconvénient mineur.
Je suis content que Warhorse n’ait pas complètement cédé aux plaintes. Même si je pense qu’il serait préférable de lier la sauvegarde limitée à une option de difficulté. Et pour ceux qui aiment les RPG d’horreur, tournez vers notre liste !
Comparaison avec Red Dead Redemption 2
| Critère | Kingdom Come 2 | Red Dead Redemption 2 |
|---|---|---|
| Univers | Bohême médiévale, réaliste | Far West, romancé |
| Système de progression | Lié aux actions (force, survie) | Linéaire, compétences limitées |
| Immersion | Simulation poussée, réputation | Cinématique, détails visuels |
| Optimisation | Bonne, stable sur consoles | Lourde, 30 fps sur consoles |
Le vrai problème
Ce que personne ne vous dit sur Kingdom Come 2, c’est que son système de progression a un vrai défaut de conception. Porter des sacs augmente la force.
Se perdre augmente la survie. Ne pas parvenir à toucher des ennemis augmente les compétences d’arme.
Le progrès est constant, oui, mais il devient trop rapide. Au moment où la vérification montre mon niveau de réputation, il était déjà au maximum dans la plupart des endroits.
Le jeu est trop généreux avec ses récompenses, et la difficulté s’effondre après le mariage. Vous n’êtes plus un simple paysan, vous êtes un demi-dieu en armure, et la tension narrative en prend un coup.
Le combat entre frustration et maîtrise
Le combat est-il difficile dans Kingdom Come 2 ?
Le système de ciblage collant rend difficile le changement d’adversaire, ce qui rend l’attaque de plusieurs ennemis frustrante. Dans les combats de groupe, la difficulté est trop facile : vous pouvez frapper le dos exposé des ennemis. Les combats en 1 contre 1 sont beaux et agréables.
Les joueurs disposent de nombreuses options :
- Les blocages parfaits sont essentiels pour survivre.
- Les ripostes demandent un timing précis.
- Les esquives permettent d’éviter les attaques lourdes.
- Les attaques chargées brisent les gardes.
- Les feintes trompent l’adversaire.
- Le corps à corps est une option risquée.
- Les frappes magistrales infligent des dégâts massifs.
- Les combos enchaînent les coups.
Cette boîte à outils garantit que la compétence peut triompher des statistiques. Mais tout n’est pas parfait :
- Les blocages parfaits et ripostes sont faciles à exécuter, mais inefficaces contre les plus faibles au début.
- Les feintes et frappes magistrales rendent le combat trop facile une fois maîtrisées.
- Le blocage directionnel, une alternative plus exigeante, manque au jeu.
La plupart des mouvements sont à peine expliqués. La seule exception est le blocage parfait suivi d’une riposte, que le jeu enseigne dans l’introduction. Les blocages parfaits et les ripostes sont faciles à exécuter mais ne fonctionnent bien que contre les adversaires les plus faibles.
Au début, vous êtes l’adversaire faible. C’est une terrible tactique, et c’est la raison numéro un pour laquelle les joueurs pourraient être rebutés par le combat. Une fois que vous savez utiliser des feintes et des frappes magistrales, la plainte principale sera que le combat est trop facile.
Je blâmerais les blocages parfaits. Le timing est si facile qu’ils permettent de bloquer presque tout, sauf en infériorité numérique. Un blocage directionnel fonctionnerait mieux. Kingdom Come 2 ajoute des pistolets et des armes d’hast, ce qui diversifie un peu l’action.
Quêtes et narration une liberté bienvenue
Un jeu où toutes les quêtes tournent autour de donjons semble artificiel. Kingdom Come n’en a pas besoin pour se sentir engageant. Le monde du jeu est un triomphe :
- Massif, avec des heures d’exploration.
- Authentique, chaque détail compte.
- Magnifique, même sur console.
Comment obtenir une invitation au mariage dans Kingdom Come 2 ?
Deux façons s’offrent à vous : travailler avec le forgeron local (capacités martiales) ou avec le meunier local (furtivité et vol). La dernière est la plus intéressante, car elle implique des expériences étranges qui cachent la création de poudre à canon.
Le meunier Kreil semble un excentrique qui emploie Henri pour des expériences vouées à l’échec, comme créer un golem. Il y a quelque chose d’agréable dans le fait que le joueur soit le sceptique. Ces étranges expériences étaient une couverture pour créer de la poudre à canon. La conception de la quête donne une direction sans dire exactement quoi faire, laissant place à la découverte.
Le mystère de Nebakov
Si vous explorez Nebakov, vous trouverez des indices que quelque chose ne va pas. Des soldats non professionnels, un nombre étonnamment élevé de chevaux, des zones fermées. Vous pouvez même trouver un noble mécontent dans la prison. Il s’avère que les bandits ont secrètement pris le fort.
Vous pouvez vous éloigner sans en être plus sage. Les différents résultats de la quête et la liberté donnée au joueur rendent cette séquence engageante. Les choix de dialogue peuvent révéler que le sénéchal du mariage, Otto, est de mèche avec les bandits, menant à un combat entre les deux camps.

Le seul choix est de savoir avec qui se ranger. Le capitaine de von Bergow est déraisonnable, créant un dilemme moral intéressant. Le retour silencieux au château avec Hans, alors que vous vous demandez si vous avez fait la bonne chose, est convaincant.
Žižka est loyal au roi Venceslas. Votre principal ennemi s’avère être votre allié. L’un des capitaines de Žižka se révèle être Istvan Toth, le principal antagoniste du premier jeu. Toth trahit Žižka pour aider von Bergow.
Les défauts qui freinent l’élan
Quels sont les principaux défauts de Kingdom Come 2 ?
Malgré ses qualités, le jeu n’est pas parfait. La difficulté chute après le mariage, rendant les combats moins tendus. Le rythme narratif, volontairement lent, peut devenir une faiblesse pour les joueurs pressés. Les bugs, bien que moins nombreux que dans le premier opus, se multiplient dans la seconde moitié.
- Progression qui s’essouffle avant la conclusion.
- Système de sauvegarde limité qui peut frustrer.
- Combats de groupe mal équilibrés.
Mais dans l’ensemble, Kingdom Come: Deliverance II est une réussite. Il propose une immersion rare, un monde authentique et une narration qui respecte le joueur. Si vous avez aimé le premier, vous adorerez celui-ci. Si vous ne l’avez pas essayé, c’est le moment de plonger dans la Bohême du XVe siècle. Source : mygamingtutorials.com
La prochaine fois que vous chercherez un RPG qui vous fait sentir comme un simple paysan dans un monde vaste et cruel, vous savez où frapper.
Interrogations de la communauté
« À mon avis, oui, c’est un très bon RPG. »
Les témoignages convergent :
- À mon avis oui
- c’est un très bon RPG. Certains nuancent toutefois ce constat.
« Pour moi, Kingdom Come est le jeu vidéo le plus réaliste jamais créé, question historique. »
Pour moi, Kingdom Come est le jeu vidéo le plus réaliste jamais créé, question historique (c’est mon avis, hein). Et si c’est une liste des meilleurs RPGs que vous cherchez, allez lire mon article de blog.
Un premier épisode taillé dans la douleur
Le premier Kingdom Come: Deliverance s’est écoulé à plus de 6 millions d’exemplaires. Un chiffre qui a littéralement changé la donne pour Warhorse Studios. Mais ce qui est moins connu, c’est le chemin de croix qu’a représenté le développement de ce premier opus.
Daniel Vávra, le boss du studio, l’a répété à plusieurs reprises : le jeu tel qu’il est sorti en 2018 n’était qu’une version bridée de ce qu’ils voulaient vraiment faire. Faute de moyens, tout simplement. Un budget AA pour des ambitions AAA. Et ça s’est vu :
- Les bugs étaient légion à la sortie.
- Les chutes d’images gâchaient l’immersion.
- Les temps de chargement interminables cassaient le rythme.
C’était le prix à payer pour une ambition démesurée par rapport aux ressources disponibles. Mais le pari a payé. Avec 6 millions de copies vendues, Warhorse a prouvé qu’il y avait un public pour un RPG historique exigeant, sans magie, sans dragons, sans compromis sur l’authenticité.
Un réalisme historique validé par les experts
Ce qui distingue vraiment Kingdom Come de la concurrence, c’est son souci du détail historique. Daniel Jaquet, médiéviste spécialiste du XVe siècle, considère le pari comme plutôt réussi, même s’il concède quelques concessions à la réalité historique. Forcément, un jeu vidéo reste un jeu vidéo.
Mais là où Warhorse a frappé fort, c’est sur la reconstitution de la Bohême du XVe siècle. Les villes, les châteaux, les costumes, les armes, tout a été modélisé à partir de documents d’époque. Même les comportements sociaux ont été étudiés pour coller au maximum à la réalité de l’époque. C’est ce niveau de détail qui fait que Kingdom Come n’est pas juste un jeu, c’est une machine à voyager dans le temps.
Un studio qui a appris de ses erreurs
Le plus important, c’est que Warhorse a enfin eu les moyens de ses ambitions. Le jeu est 2 fois plus grand que le premier, avec une histoire plus longue et plus épique. Cette fois, pas de compromis : c’est du AAA pur jus, avec tout ce que ça implique en termes de budget et de qualité de production.
Un succès qui dépasse les frontières du jeu vidéo
Ce succès repose sur une recette simple mais diablement efficace : une immersion totale, une reconstitution historique fidèle, et un gameplay exigeant qui ne prend pas les joueurs pour des idiots. Dans un paysage vidéoludique où on nous sert souvent du prémâché, Kingdom Come fait le pari inverse :
- Celui de la difficulté assumée.
- De la lenteur comme philosophie.
- De l’authenticité avant tout.
Conclusion
Kingdom Come 2 est un chef-d’œuvre imparfait. Il incarne ce que le jeu vidéo peut faire de mieux quand un studio a les moyens de ses ambitions.
Mais il incarne aussi ce qui arrive quand la progression est mal calibrée : une expérience qui commence en simulation hardcore et finit en power fantasy inconsciente. Warhorse a créé le monde le plus vivant du jeu vidéo… et oublié de le rendre dangereux jusqu’au bout.
- Si vous cherchez une immersion totale, foncez.
- Si vous cherchez un défi constant, sachez où sortir avant le mariage.
Références externes
| Deepsilver : le site off. du jeu ↗ |
| Le test sur PolyGamer ↗ |
Références du site
| RPG d’horreur : pourquoi ce mariage fonctionne si bien |
| Guilde, stats et niveaux : pourquoi le format JRPG appauvrit l’anime fantastique |
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