Je ne suis pas du genre à me lamenter sur la « vieille époque ». Parce que je suis d’un naturel optimiste :
- l’avenir sera différent
- mais l’homme triomphera toujours des difficultés.
Simplement aujourd’hui, j’ai envie de faire un constat sur la tendance actuelle. Et puis bon c’est un peu mon rôle aussi non ? De temps en temps il faut bien poser les choses à plat.
La tendance actuelle, selon moi, c’est le creusement d’un fossé entre les Geeks d’antan (il y a une vingtaine d’années, à l’époque où on téléchargeait des drivers sur des CD-Roms qu’on se prêtait entre potes) et les nouveaux Geeks d’aujourd’hui, ceux qui ont commencé à surfer avec les iPhone. Et je pèse mes mots, c’est pas une critique, c’est une observation.
Cette réflexion, je l’avais esquissée en 2011. Elle résonne encore plus fort aujourd’hui, à l’heure où l’IA et les services cloud nous éloignent encore un peu plus du « faire soi-même ». C’est marrant comme le temps donne raison à certaines intuitions. Source
La simplicité se paye. Nos fils et nos filles n’auront plus le goût du bidouillage. Ils n’auront plus envie d’aller sur Google pour chercher un logiciel à installer. Tout ce qu’ils auront à faire, c’est payer pour telle application.

Et encore, avec les abonnements, c’est pire : ils paient tous les mois sans même posséder le logiciel. Une époque formidable.
Le fossé se creuse entre ces personnes-là et les anciens Geeks qui n’avaient pas peur des lignes de code ou des installations foireuses, limites légales, qui les dépannaient d’un crash général. Moi-même, j’ai passé des nuits à compiler des noyaux Linux pour gagner 3% de performance. Aujourd’hui, on clique sur « Mettre à jour » et on prie pour que ça marche.
Beaucoup de choses évoluent. Mais à l’instant présent, les anciens Geeks qui n’ont pas peur du compliqué ont un terrain d’avance sur les jeunes plus enclins à sortir leur carte bleue à chaque difficulté. C’est un peu comme en cuisine : ceux qui savent faire leur pain ne sont pas dépendants de la boulangerie.
Les atouts concrets du vieux geek aujourd’hui
Alors, concrètement, en quoi le fait d’être un « vieux geek » est-il un avantage aujourd’hui ? Voici quelques domaines où l’expérience fait la différence :
| Domaine | Atout du vieux geek | Exemple concret |
|---|---|---|
| Dépannage informatique | Capacité à résoudre des problèmes sans passer par des solutions payantes ou cloud | Réparer un disque dur défaillant avec des outils en ligne de commande |
| Domotique | Compréhension des protocoles et des réseaux, pas de dépendance aux assistants vocaux | Configurer un serveur domotique maison avec Home Assistant |
| Jeux vidéo | Connaissance des mécaniques de jeu classiques, capacité à émuler et à restaurer du matériel | Organiser une LAN party avec des jeux rétro sur des machines reconditionnées |
| Souveraineté numérique | Capacité à auto-héberger des services, à se passer des GAFAM | Héberger son propre cloud avec Nextcloud |
Un fossé qui se creuse, mais pas une fatalité
Bien sûr, tout n’est pas noir. Les jeunes geeks d’aujourd’hui ont d’autres compétences. Ils sont souvent plus à l’aise avec les réseaux sociaux, le montage vidéo, la culture numérique collaborative. Mais il y a quelque chose d’irremplaçable dans le fait d’avoir grandi à une époque où, si tu voulais faire fonctionner un truc, tu devais le comprendre en profondeur.
C’est comme apprendre à lire une carte papier avant d’utiliser Google Maps : ça change la perception du monde.
Ce n’est pas une question d’âge, ni de nostalgie. C’est une question de méthode. Le vieux geek a appris à tâtonner, à échouer, à recommencer. Il n’a pas peur de la ligne de commande, ni de lire un fichier de configuration.
Ces compétences, aujourd’hui, ont une vraie valeur. Dans un monde où tout est emballé dans une interface lissée et payante, savoir ce qui se cache derrière le rideau est un super-pouvoir. Et ça, personne ne pourra vous le vendre.
Est-ce que les jeunes geeks sont moins compétents que les anciens ?
Pas du tout. Ils ont simplement des compétences différentes, souvent plus orientées vers l’usage que vers la technique pure. Le vrai problème, c’est la dépendance aux solutions clé en main et payantes, qui les prive de la liberté de bidouiller. Mais beaucoup d’entre eux, avec un peu de curiosité, peuvent très bien rattraper ce « retard ». J’en connais qui ont appris Python tout seuls à 15 ans, alors bon.

Un geek ne vieillit pas, il monte en expérience
Un VPN protege votre vie privee en ligne et securise vos donnees sur les reseaux publics (Wi-Fi gratuit, hotspot, etc.). Si vous cherchez un VPN sans vous ruiner, ProtonVPN a une offre gratuite illimitee (pas de limite de data, pas de carte bancaire).
Cette idée que les « vieux geeks » ont un atout, c’est aussi celle que partagent certains blogueurs. Frédéric Bezies, par exemple, emploie une formule que j’affectionne tout particulièrement :
- « Un geek ne vieillit pas
- il monte en expérience. » En février 2025
- il a célébré son « âge geek plus 10 »
- soit 52 ans. Une façon amusante de dire que la passion et les compétences s’accumulent avec le temps
- contrairement à la simple consommation de produits. Et je trouve ça beau comme image.
Et ce n’est pas un cas isolé. Le blog Vieux Geek (vieuxgeek.fr), tenu par un autre passionné, regorge de tutoriels sur la restauration de vieux PC, la configuration de Windows XP pour des LAN parties rétro, ou encore la domotique. La preuve que le fameux « esprit geek » du bidouillage est toujours vivace chez ceux qui ont connu l’époque où tout était à faire soi-même. J’ai passé une heure à lire leurs articles sur la réparation d’alimentations ATX.
Passionnant.
La culture geek : une histoire de passion et de partage
Cette fracture n’est pas une fatalité. Comme le souligne un sociologue spécialiste de la question, la culture geek ne se résume pas à une simple étiquette marketing. Comprendre ce que signifie aujourd’hui être geek, c’est se placer du point de vue de ceux qui se sentent geeks. Ils donnent à ce mot un sens lié à leur propre parcours, à leurs goûts et à un collectif dans lequel ils se reconnaissent.
C’est presque philosophique, quand on y pense.
Être geek, ce serait donc avant tout une affaire de passion commune et de sentiment d’appartenance. Bien plus qu’une simple consommation de produits high-tech. Et ça, c’est rassurant. Parce que ça veut dire que l’esprit peut survivre aux modes.
La tech, des mondes imaginaires et un sentiment de rejet
Mais comment définir cette communauté aux contours flous ? Le chercheur identifie deux grands univers de pratiques :
- D’un côté, la tech, l’informatique et le numérique.
- De l’autre, le monde fantastique et la création de mondes.

Pour simplifier, le geek serait donc un expert aux connaissances poussées dans un domaine, ou un créateur de mondes. Ce qui lie finalement les membres de cette communauté, au-delà de leurs centres d’intérêt, c’est aussi le sentiment de rejet qu’ils ont eu en commun. Un vécu partagé qui forge une identité forte, même si le terme a été depuis largement récupéré par la culture populaire. Vous vous souvenez de l’époque où « geek » était une insulte ?
Moi oui. Cette idée de communauté et de partage des connaissances est au cœur de nombreux blogs de « vieux geeks ». Sur le site de Frédéric Bezies, on trouve par exemple un récit semi-autobiographique intitulé Mémoire de vieux geek, publié dès 2013. Il y mêle ses passions pour l’informatique, la musique et les « trucs bizarres ». Une démarche qui illustre parfaitement cette volonté de transmettre une expérience brute.
C’est un peu le pendant geek des mémoires de grands-mères, en plus numérique.
Le blog Vieux Geek va encore plus loin dans le partage pratique. On y trouve des articles très techniques sur la configuration de serveurs, l’optimisation de réseaux domestiques, ou encore la souveraineté numérique. La preuve que l’expertise technique reste un pilier fondamental de cette culture. Et ça fait du bien de voir que des gens prennent le temps de documenter ça.
Est-ce vrai qu’un geek ne vieillit pas : il monte en expérience ?
Cette idée que les « vieux geeks » ont un atout, c’est aussi celle que partagent certains blogueurs. Les mains dans la bidouille : c’est tout un art pour eux.
Pour aller plus loin
Sources fiables
J'ai teste pas mal de VPN au fil des annees, et ProtonVPN est celui que j'ai garde. Open source (code audite), base en Suisse (lois RGPD parmi les plus strictes au monde), et surtout une version gratuite sans limite de data (pas besoin de carte bancaire). Le rapport qualite-prix est imbattable.
Ce qu’il faut retenir
Le vieux geek a un atout :
- son expérience
- sa capacité à comprendre le système en profondeur
- à bidouiller
- à réparer.
- Dans un monde de plus en plus verrouillé et payant, cette compétence est précieuse.
Mais elle n’est pas réservée aux anciens. La curiosité et la volonté de comprendre restent les meilleurs moteurs pour apprendre, quel que soit votre âge.
Alors, que vous soyez un vieux de la vieille ou un jeune padawan, n’arrêtez jamais de bidouiller. Et si vous croisez un gamin qui croit que « rooter » c’est du jardinage, prenez le temps de lui expliquer. Ça vaut le coup.
Et si vous avez des anecdotes de bidouillage, pensez à les partager dans les commentaires. Ça fait toujours plaisir.


Salut Le vieux Geek,
Merci de ta venue qui fait du bien et vient mettre un peu de fraîcheur à ce post 🙂
Pas d’accord pas d’accord, je comprends que certains jeunes d’aujourd’hui ne le soient pas, néanmoins, et ce d’une façon générale, il est vrai que les nouveaux geek mettent moins les mains dans « le camboui » que les anciens.
Perso, c’est toujours un petit plaisir que de démonter son PC, de tester pour trouver la panne, ou de « bidouiller » un bios, un logiciel qui refuse de fonctionner. Quand je vois le tas de machins et de trucs inutiles qui squattent dans les PC des jeunes geek, je me dis que non, on a pas forcément la même vision de la chose ;).
Salut Skorp, heureux de ton commentaire. Je vais essayer d’y répondre :
1/ Pour dire que les geeks « d’autrefois » ont un terrain d’avance, je pensais justement à ceux qui assimilent l’informatique à l’iPhone uniquement. Oui, pour cela je me base principalement sur mon entourage, mais c’est ce qui fait aussi la force et la particularité d’un blog par rapport à un site général (cf. mon commentaire ici) : ne pas affirmer détenir la vérité exclusive mais juste proposer son expérience, son avis, son opinion, au risque parfois de paraître partial.
En ce sens, je trouve injuste la « déception » dont tu parles. Jamais je n’ai déclaré que je n’avais pas le droit de mon tromper ou que je connaissais tout. Ce blog est tout autre, mais je suis convaincu que les gens sont également intéressés par ce qu’on pense.
2/ Oui je parlais bien des produits Apple et pas forcément Mac (pardon de l’erreur). Je visais principalement les iPhone et iPad, que je trouve trop destinés à la consommation avec une fâcheuse tendance à faire payer le consommateur à tout bout de champ. Si je n’ai pas parlé des Android, c’est justement parce que ces produits me paraissent totalement différents et qu’au contraire ils favorisent davantage la réflexion et la liberté de l’utilisateur. Ce qui me gêne, en réalité, chez Apple, c’est bien ça : la limitation de la liberté. J’ai horreur de ça, mes lecteurs réguliers commencent certainement à le deviner.
3/ Je reconnais tout à fait avoir sûrement fait une erreur en assimilant ces personnes branchées uniquement à l’iPhone à des Geeks. Le terme a été mal choisi.
4/ Pour le fait que je voudrais que l’informatique soit uniquement limitée à un nombre restreint de personnes, négatif ce n’est pas du tout ça. Je ne suis moi-même pas un expert en informatique, contrairement à Mimie qui l’est bien davantage que moi. Pour ma part, je me définie volontiers comme un curieux de nature et un touche-à-tout, c’est tout.
5/ Par contre, je maintiens que je vois bien, dans l’avenir à moyen terme, des utilisateurs qui ne savent plus se débrouiller avec leur ordinateur et qui sont condamnés à payer pour le moindre problème rencontré. On y vient. On y va. Les mères de familles s’arrogent internet, et faîtes confiance aux patrons en tout genre pour sauter sur le marché et rendre internet bien plus payant que ce qu’il n’est déjà. J’en suis le premier désolé, mais malheureusement c’est la tendance actuelle (du moins c’est mon avis) et les gens, en informatique comme en politique, me paraissent de moins en moins aptes à se défendre, pas parce qu’ils sont plus bêtes qu’avant, mais tout simplement parce que le système nous broie qu’on le veuille ou qu’on ne le veuille pas. Ça, je le concède, c’est mon côté « The Wall » qui ressurgit (==> cf. ce clip, excellent <==) mais j'assume et je le sens comme ça.
Bonjour. Permettez-moi d’être en désaccord avec vous. Je comprend bien votre opinion mais je pense que vous ne connaissez pas vraiment la relève des geeks d’antan.
Je suis d’accord avec helran sur le fait que le geek d’aujourd’hui que vous décrivez n’en est pas un. Vous parlez des produits MAC (vouliez-vous dire Apple ?) et de leur popularité chez les jeunes. Selon moi, la majorité des jeunes utilisateurs d’iPhone sont soit des garçons intéressés par le coté cool du téléphone, soit des filles qui veulent être hype et se faire bien voir de leur entourage. Ce type d’utilisateur n’a aucune idée des mécanismes qui sont mis en place derrière leur bel interface. Ce ne sont PAS des geeks. Pour info, toutes les applications ne sont pas payantes. Et s’il y a des applications, c’est qu’il y a encore des geeks pour les développer. On n’achète pas des applications qui arrivent « par magie ».
Ensuite, des moyens existent pour se procurer gratuitement des applications normalement payantes. C’est une pratique qui est à la fois une bidouille et « limite légale », comme vous les aimez. Il est aussi possible de développer notre propre application pour satisfaire des besoins particuliers par exemple. Vos exemples se limitent à l’iPhone/iPad mais pourquoi mettre de coté les terminaux Android ? C’est de ce coté que vous trouverez le plus de geeks, la plateforme étant moins fermée.
Enfin, je suis déçu que vous vous soyez limité à votre petit entourage pour vous faire cette opinion du geek d’aujourd’hui. Vous qui êtes optimiste, vous pouvez me croire. L’esprit geek n’est pas mort. De par le monde, de nombreux jeunes geeks continuent à bidouiller ce qu’ils ont entre les mains comme à l’ancienne. Peut-être regrettez-vous seulement l’époque où les fonctionnalités cool étaient réservées aux geeks et vous ne souhaitez pas que tout le monde puisse en profiter aujourd’hui ? Enfin, c’est une hypothèse.
Peut-on savoir sur qui/quoi vous êtes vous basé pour affirmer que les geeks d’autrefois ont un terrain d’avance ? J’aurais plutôt dit qu’aujourd’hui ils sont à la ramasse avec les techniques et les langages obsolètes qu’ils ont pu apprendre. Et Bim 🙂
C’est peut être pour ça, que je n’appelle pas ça des geeks.
Sans compter que les geeks comme moi qui ont connu l’informatique dans la souris, connaissent les raccourcis de touche qui font que nous sommes bien plus productifs!