Vous avez 9 heures à gagner ? J’ai suivi pour vous le cours de Google sur l’ingénierie des invites, et voici l’essentiel à retenir sans perdre une seconde.
Mais attention : écouter ne suffit pas. Réviser immédiatement après l’apprentissage, c’est la meilleure façon de retenir.
Allons droit au but. Le cours « Prompting Essentials » se décline en quatre modules.
- Le premier, « Commencez à rédiger des prompts comme un pro », introduit des cadres ultra-pratiques pour bien formuler vos demandes.
- Le deuxième, « Concevez des prompts pour vos tâches quotidiennes », couvre les cas concrets : e-mails, brainstorming, tableaux, résumés.
- Le troisième se concentre sur deux usages professionnels très demandés : l’analyse de données et la création de présentations PowerPoint.
- Enfin, le quatrième module, « Utilisez l’IA comme partenaire créatif ou expert », est une véritable mine d’or. Google y aborde des techniques avancées comme le chaînage de prompts, la chaîne de pensée, l’arbre de pensée, et même la création d’agents autonomes. C’est ce module qui m’a le plus bluffé.
Module un : les fondamentaux
Le prompting, c’est l’art de donner des instructions précises à un outil d’IA générative pour obtenir un résultat utile. Ce résultat peut être du texte, une image, une vidéo, un son, voire du code.
La tâche, c’est ce que vous demandez à l’IA de faire. Par exemple : « Suggère un cadeau lié à l’anime pour l’anniversaire de mon ami. » Ce prompt fonctionne, mais il reste générique. Pour obtenir quelque chose de plus personnalisé et pertinent, ajoutez deux éléments.
Le premier est un personnage, un rôle que l’IA doit incarner. Vous pouvez donc reformuler ainsi : « Agis en tant qu’expert en anime pour suggérer un cadeau d’anniversaire. » Vous verrez alors que les réponses deviennent bien plus précises, souvent organisées par genre.
Le deuxième élément, c’est le format de sortie. Par défaut, l’IA propose une liste à puces. Mais si vous voulez quelque chose de plus structuré, précisez-le : « Organise ces suggestions dans un tableau. »
Ensuite vient le contexte. Règle d’or : plus vous en donnez, meilleur sera le résultat. Dans notre exemple, ajoutez : « Mon amie a 29 ans. Ses animes préférés sont Shang-Chi, Frontier, Solo Leveling et Naruto. » Résultat : des propositions bien plus ciblées.
La troisième brique, ce sont les références. Parfois, décrire ce que vous voulez avec des mots, c’est compliqué. Mais donner un exemple, c’est immédiatement clair. L’IA excelle à reproduire un style ou un ton d’après des modèles. Vous pourriez par exemple mentionner des cadeaux d’anniversaire qu’elle a déjà aimés.
Si la réponse est non (et c’est souvent le cas), passez à la dernière étape : itérer. Le prompting n’est presque jamais une opération unique. C’est un processus circulaire où l’on affine progressivement la demande. Vous commencez peut-être par « suggestions pour un cadeau d’anniversaire », puis vous ajoutez un personnage, du contexte, des références… jusqu’à ce que le résultat vous convienne. Comme le dit si bien le cours : ABI : Always Be Iterating.
Le cours propose une phrase mnémotechnique pour retenir ces cinq étapes, mais franchement, elle est peu pratique : « Thoughtfully Craft Really Excellent… » (« hein » ? Aucune idée). J’en ai inventé une autre, bien plus mémorable : « De minuscules crabes chevauchent d’énormes iguanes ». C’est absurde, donc parfait.
Quelle que soit votre astuce, retenez ce cadre. Tout le reste du cours repose dessus. Le reste du module un (interviews, témoignages) est intéressant mais secondaire. L’essentiel, ce sont les quatre méthodes d’itération que nous allons voir maintenant.
Quatre méthodes d’itération pour affiner vos invites
Le cadre « Tiny Crabs Ride Enormous Iguanas » vous mène à 80 % du résultat idéal. Pour les 20 % restants, voici quatre leviers d’ajustement.
1. Revisitez le cadre. Ajoutez plus de contexte, plus de références, un personnage si vous n’en avez pas encore défini.
2. Découpez votre prompt. Imaginez que vous parlez à un humain. Si vous lui balancez tout d’un coup, il sera perdu. Il en va de même pour l’IA. Préférez plusieurs phrases courtes plutôt qu’un bloc indigeste.
Vous demandez un « plan marketing », mais la réponse est plate ? Rappelez-vous que le marketing, c’est raconter une histoire captivante. Alors, demandez plutôt : « Écris une histoire montrant comment ce produit s’intègre dans la vie de nos clients cibles. » Même objectif, mais résultat bien plus vivant.
4. Ajoutez des contraintes. Dire « fais ce que tu veux » paralyse que ce soit pour un humain ou une IA. Pour une playlist de road trip trop générique, imposez des règles : « Seulement des chansons d’Amérique du Sud, au tempo lent, sur le thème du chagrin d’amour. » Soudain, la créativité s’aiguise.
Le prompting multimodal
On pense souvent au prompting comme à un simple échange de texte. Mais des outils comme Gemini acceptent aussi des images, de l’audio, de la vidéo ou du code en entrée et peuvent générer dans ces mêmes formats.
Le cadre « Tiny Crabs Ride Enormous Iguanas » reste valable, mais il faut préciser la modalité. Par exemple, si vous avez créé une nouvelle collection de nail art, vous pouvez écrire : « Rédige un post Instagram mettant en valeur cette image », puis joindre votre visuel. Précisez aussi le ton : « Fun, court, centré sur le côté innovant de la collection. »
- D’autres cas d’usage multimodaux : demander des recettes à partir d’une photo de votre frigo
- créer un teaser vidéo en fournissant vos codes visuels (logo, couleurs)
- nourrir une IA avec un morceau de musique pour qu’elle rédige une nouvelle inspirée de son ambiance.
Pièges courants : hallucinations et biais
Quelle que soit la modalité, deux risques majeurs persistent.
- Les hallucinations : l’IA invente. Par exemple, demandez-lui combien il y a de « s » dans «tu ramasses», et elle répondra parfois « deux » alors qu’il y en a trois.
- Les biais : entraînés sur des données humaines, les grands modèles reproduisent nos préjugés de genre, de race, etc.
La solution ? L’approche « human-in-the-loop » : vérifier toujours la sortie. C’est à vous, et à vous seul, d’assurer la justesse de ce qui est produit.
Module deux : prompts pour le quotidien
Ce module applique le cadre à des tâches concrètes. L’un des usages les plus fréquents ? La rédaction d’e-mails.
Ce genre de message, vous en envoyez des dizaines par semaine. Gagner quelques minutes à chaque fois, ça compte.
Mais pour un e-mail crucial, un article ou une newsletter, la nuance compte. Évitez les consignes vagues comme « ton décontracté ». Soyez précis : « Écris comme si tu expliquais à un ami curieux. » Et n’hésitez pas à fournir des écrits antérieurs comme référence de style.
Module trois : données et présentations
Même logique, appliquée à l’analyse de données et aux slides. Attention toutefois : ne jamais charger de données sensibles ou confidentielles dans un modèle externe.
Exemple : vous avez un fichier Google Sheets avec les ventes, le nombre de clients et le catalogue de chaque magasin d’une chaîne. Vous n’êtes pas à l’aise avec Excel ? Demandez : « Comment créer une colonne calculant le chiffre d’affaires moyen par client ? »
Mais l’IA va plus loin. Ajoutez : « Quelles tendances observes-tu entre le nombre de clients, les articles disponibles et les ventes ? » Qwen pourrait alors révéler, par exemple, l’absence de corrélation entre la diversité du stock et les ventes, une insight précieuse.
Module quatre : l’IA comme partenaire expert
C’est ici que le cours devient passionnant. Google y présente des techniques qui transforment l’IA d’outil en collaborateur.
Le chaînage de prompts
Technique puissante : enchaîner plusieurs prompts, où la sortie de l’un devient l’entrée du suivant. Imaginons que vous soyez auteur et que vous veniez de terminer un roman.
- Première étape : « Génère trois résumés en une phrase, fidèles au ton du manuscrit mais plus percutants. »
- Deuxième étape (le chaînage) : « Crée un slogan combinant ces trois options, en mettant l’accent sur le rebondissement et le mystère. Il doit être concis et donner envie de lire. »
- Vous pouvez ensuite enchaîner sur un plan promotionnel de six semaines, avec lieux et canaux de communication.
Chaîne de pensée et arbre de pensée
La chaîne de pensée consiste à demander à l’IA d’expliquer son raisonnement pas à pas comme un élève montrant sa copie à son prof. Ajoutez simplement : « Explique ton processus de réflexion. »
L’arbre de pensée va plus loin : il explore plusieurs chemins en parallèle. Utile pour des problèmes complexes, par exemple, concevoir une couverture de livre. Vous pourriez demander : « Trois designers proposent chacun une idée. Montre-moi trois styles très différents, du minimaliste au très détaillé. » Puis, affiner la version que vous préférez.
Les agents IA
Un agent IA, c’est un expert virtuel programmé pour une tâche spécifique :
- coder,
- conseiller en marketing,
- corriger votre swing de golf…
Le cours en distingue deux types. Agent SIM simule des scénarios (entretiens d’embauche, négociations). Agent X joue le rôle d’un consultant expert, capable de critiquer et de guider.
Et surtout, suivez ce guide en cinq étapes :
- Attribuez un personnage clair.
- Fournissez un maximum de contexte.
- Définissez le type d’interaction souhaité.
- Donnez une phrase de fin (ex. : « jazz hands »).
- Exigez un retour ou un résumé en conclusion.
Pour que ces agents soient efficaces, 2 ingrédients sont non négociables : un personnage bien défini et un contexte riche (vos objectifs, vos contraintes, vos précédentes tentatives). Sans cela, l’agent reste flou. Voici ci-dessous la méthode officielle du cours résumée visuellement.
1. Personnage
Définissez un rôle précis avec expertise et expérience.
2. Contexte
Fournissez le cadre : objectifs, contraintes, références
3. Interaction
Spécifiez le type de dialogue attendu : questions-réponses, simulation, révision.
4. Arrêt
Donnez une phrase de fin claire pour clore la session.
5. Retour
Exigez un résumé, une évaluation ou des conseils en guise de conclusion.
Ces 5 étapes, appliquées dans l’ordre, transforment une simple demande en une véritable collaboration avec une i.a. spécialisée.
A lire aussi ⇒ La reconnaissance faciale policière : Comment ils vous traquent (et comment y échapper)
Questions fréquentes
Quel est le cadre en 5 étapes du cours de Google ?
Il se compose de : tâche, contexte, références, évaluation et itération. Un moyen simple de s’en souvenir est la phrase mnémotechnique « Tiny Crabs Ride Enormous Iguanas ».
Comment améliorer une réponse médiocre de l’IA ?
Utilisez l’une des 4 méthodes d’itération : enrichir le cadre initial, découper le prompt en phrases courtes, reformuler ou passer à une tâche analogue, ou ajouter des contraintes pour cadrer la réponse.
Quels sont les principaux risques liés aux outils d’IA générative ?
Les hallucinations (quand l’IA génère des informations fausses ou absurdes) et les biais, puisqu’elle apprend à partir de données humaines qui reflètent nos préjugés.
Qu’est-ce que le chaînage de prompts et quand l’utiliser ?
C’est une technique qui consiste à guider l’IA à travers une série de prompts connectés, chaque sortie servant d’entrée à la prochaine. Elle est idéale pour les projets complexes en plusieurs étapes, comme un plan marketing de lancement de livre.
Comment créer un agent IA efficace ?
Définissez un personnage clair, fournissez un contexte riche, précisez le type d’interaction, incluez une phrase d’arrêt et demandez un résumé ou des conseils en fin de session.
