Petit coup de gueule (mis à jour) : la fonction « Radio » de YouTube Music n’a pas disparu, elle a été rebaptisée « Démarrer le mix ». Et c’est presque pire.
J’ai opté pour YouTube Music depuis longtemps, délaissant Deezer et autres Spotify, pour cette fonction et aussi pour la capacité qu’a YouTube Music de retrouver des live techno que je ne pense pas trouver ailleurs.
Mais depuis ce matin, la fonction « RADIO » de YouTube Music a disparu de l’interface… enfin, c’est ce que je croyais. En réalité, Google l’a simplement renommée en « Démarrer le mix ». Le bouton est toujours là, la fonctionnalité est la même — créer une playlist infinie à partir de n’importe quelle entrée :
- une musique que vous écoutiez
- un chanteur
- un mix
- une liste, etc.
La radio (pardon, le « mix ») analyse la chanson ou l’entrée et recherche des musiques similaires pour vous les faire découvrir, pas forcément celles de vos listes. L’avantage, c’est que vous découvriez d’autres musiques avec une forte probabilité d’aimer. Le problème, c’est que renommer une fonction que les utilisateurs connaissent depuis des années sans préavis ni explication, c’est une forme de suppression silencieuse : les nouveaux utilisateurs ne sauront jamais que cette fonctionnalité s’appelait « Radio », et les anciens perdent leurs repères.
Radio → Démarrer le mix : un simple changement de nom ?
Sur le papier, oui. La fonctionnalité est identique. Mais quand Google renomme une feature emblématique, ce n’est jamais anodin. Ça sent le « rebranding pour enterrer » : on change le nom pour que les utilisateurs ne puissent plus comparer avec la version précédente.
C’est exactement ce qui s’est passé avec Google Play Music, un service que Google a purement et simplement fermé en 2020 pour le remplacer par YouTube Music. Et les utilisateurs de l’époque n’ont pas mâché leurs mots.
Sur Hacker News, un thread dédié à YouTube Music regorge de commentaires assassins. Un utilisateur résume : « YouTube Music est objectivement pire que Google Music à tous les niveaux. Je n’ai aucune idée de qui a décidé que ce truc était une bonne idée. »
Un autre renchérit : « Ce service ne survivrait jamais sur le marché en tant que service indépendant, il est clairement inférieur même à son prédécesseur Google Music. »
Le problème ne date pas d’hier
Sur StackExchange, des utilisateurs se plaignent depuis des années de l’impossibilité de lire les albums d’un artiste dans l’ordre (YouTube Music les passe en lecture aléatoire, sans option pour changer ce comportement).
D’autres cherchent désespérément comment désactiver les « Mix » automatiques que YouTube leur impose (ces playlists générées à partir d’une vidéo que vous avez regardée, sans rapport avec vos goûts réels). La solution trouvée par certains ? Une extension de navigateur tierce (Untrap for YouTube) pour supprimer ces recommandations forcées. On en est là : il faut installer un plugin pour corriger un comportement que le service pourrait simplement proposer en option.
Bref, le renommage de la fonction Radio en « Démarrer le mix » s’inscrit dans une tendance lourde : YouTube Music modifie ses fonctionnalités sans explication, et souvent en les rendant moins accessibles. Le passage de Google Play Music à YouTube Music avait déjà été vécu comme une régression par beaucoup. Aujourd’hui, c’est la Radio qui change de nom sans prévenir. Demain, quoi ?
Les alternatives si YouTube Music continue sur cette pente
Certains utilisateurs, dans les discussions que j’ai parcourues, évoquent leurs solutions de repli. Spotify reste le leader incontesté (même si ses algorithmes de recommandation ne font pas l’unanimité non plus).
Apple Music est cité pour sa qualité audio (lossless jusqu’à 24-bit 192 kHz, sans surcoût). Mais le vrai point fort de YouTube Music, celui qui retient beaucoup d’utilisateurs malgré ses défauts, c’est le bundle avec YouTube Premium : pour environ 12 € par mois, vous avez la musique ET YouTube sans pub. « Rien que pour ne plus avoir à me soucier des bloqueurs de pub sur tous mes appareils, ça vaut les 2 € de différence avec Spotify », résume un utilisateur.
Un autre argument en faveur de YouTube Music (et que je partage) : la profondeur de son catalogue. Les lives, les remixes obscurs, les versions alternatives qu’on ne trouve nulle part ailleurs… tout ça vit sur YouTube, et YouTube Music y donne accès. C’est pour ça que je suis resté jusqu’ici. C’est pour ça que j’y suis encore.
Mais si Google continue à modifier ses fonctionnalités sans préavis (la Radio renommée aujourd’hui, peut-être autre chose demain), ce pacte tacite (« un service bancal mais un catalogue imbattable ») risque de voler en éclats. Et je ne serai pas le seul à chercher ailleurs.

