Mon petit hommage à Jacques Brel

Grégory Hénique — 10/04/2013

Voici quelques clips de Jacques Brel, un de mes chanteurs préférés.

J’en appelle :

Une des premières chansons qui m’ont faites découvrir Jacques Brel. Ce n’est pas forcément la plus gaie de Jacques, mais elle m’a toujours impressionnée par sa maîtrise, par ses sauts dans le ton et dans la voix. Enfin, la poésie qui se dégage est fantastique. Chanson d’amour, chanson d’agonie : celle d’un homme qui se meurt d’amour. Ecoutez la fin de la chanson :

Les bigottes :

Ecoutez-moi ce classique. Outre le sens, la forme est ici intéressante : on sent que Jacques a vécu tout ce qu’il écrit, et d’ailleurs c’est un des rares chanteurs à chanter beaucoup de textes quasi-autobiographiques. Issu lui-même de la bourgeoisie qu’il avait des raisons intimes de détester, Jacques crie sa rage. Le texte est sublime.

La bière :

Pas foulé, pour cette chanson, le Jacques ! C’est ce que disent ses détracteurs quand ils écoutent cette chanson. Simple, elle ne dit au final pas grand chose. D’aucuns le raillent en affirmant que Jacques Brel est le seul chanteur entre les mains duquel n’importe quel texte, aussi idiot soit-il, semble devenir un poème de premier ordre.

Et alors ? ai-je envie de dire. J’appelle cela du génie. La bière, ce n’est pas bien recherché. Mais la mayonnaise prend, c’est chanté avec conviction et avec talent. Et pour les paroles, on ferait mieux parfois de se regarder…

Les flamandes :

Quelle bête de scène ce Jacques ! Pas forcément une lumière à l’école, il a pris goût à faire le pitre à l’école. J’ai l’impression que ça lui est resté quand je le regarde sur scène. J’ai l’impression qu’il a envie de faire le pitre, d’amuser la galerie en se moquant d’une certaine catégorie de gens. Ici, les flamandes, ou du moins une certaine partie d’entre elles, qui symbolisent dans son esprit la bourgeoisie conservatrice à l’ancienne.

Les remparts de Varsovie :

Ah ! Madame… C’est pour des chansons comme celle-ci que j’adore Jacques Brel. En quelques mots, il réussit à dépeindre tout un tableau de société. Chapeau l’artiste ! Ça ne vous dit rien ces deux vers :

Pour la petite histoire, Jacques Brel n’avait qu’une hantise, c’était de devenir comme ces « bourgeois » ou plutôt ces « adultes » qui l’effrayaient par leur immobilisme et leur manque de courage. Il rêvait d’aventure, d’évasion, de prise de risques, des rêves que vivent les enfants lorsqu’ils sont encore innocents.

Il est « parti » à l’âge de 49 ans. Tu fais chier, Jacques ! Qu’aurais-tu pensé de notre époque, de 2013, de la crise économique, de la morosité qui semble avoir contaminé quasiment tous les français, tous les occidentaux ? L’immobilisme, cela touche une majorité de personnes maintenant :