Suite à mon article « Ecrivains : Tolstoï comparé à Dostoïevski, Balzac et Stendhal » que vous pouvez lire ici, Ali Ghieri réagit en dénonçant une soit-disante « décadence littéraire » en France. Ma réponse peut s’articuler en trois mouvements :
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1/ Ne pas confondre l’auteur et sa création
© E.m.m.a.2.0.1 via www.flickr.com
– Je n’étais pas au courant de ce qu’avance Ali Ghieri, j’aurais cependant tendance à être moins sévère : le fait que deux journalistes aient confondu les visages de Dostoïevski et son frère ne signifie pas obligatoirement qu’ils confondent également leur style d’écriture. On peut très bien méconnaître totalement la vie, la biographie, l’apparence physique d’un auteur et pourtant en admirer le style. C’est même conseillé parfois, quand la vie de l’écrivain est totalement dépravée
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2/ Ne pas attendre les autres pour chercher à savoir
– Je ne pense pas qu’un magazine, aussi prestigieux soit-il, puisse détenir l’information littéraire d’un pays et qui-plus-est celui de la France qui possède un passé culturel très riche. Aux gens, eux-mêmes, de se prendre par la main et de chercher à se cultiver ! Cessons de confier notre cerveau à plus haut que soit !
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3/ Est-ce la littérature ou nous-mêmes qui sommes en perte de vitesse dans notre pays ?
– La littérature est peut-être en perte de vitesse dans notre pays mais ce trait n’est pas propre à la France à mon avis. Simplement il faut que les façons de lire évoluent. Aujourd’hui nous ne voulons plus (rapidité de l’information, proximité d’internet et des loisirs) et nous ne pouvons plus (financièrement) nous permettre d’acheter une bibliothèque entière de bouquins prenant la poussière sagement dans une pièce dédiée. Les jeunes n’en ont plus les moyens. Les romans ne paraissent plus par feuilletons dans les magazines. Le temps des Ebooks est là. Il faut que les auteurs acceptent de diffuser leurs oeuvres sur internet par un moyen virtuel sans quoi ils en mourront. Avoir 13000 oeuvres dans sa liseuse (possible avec le E-Reader de Sony mais aussi bien d’autres), allumer son Ebook le soir et se demander : « Tiens, quel grand classique ai-je envie de découvrir ce soir ? », « Quel auteur vais-je lire ? », avoir la possibilité de commencer Tolstoï : Guerre et Paix un soir et d’enchaîner avec Dostoïevski : Les Frères Karamazov le lendemain, le tout d’un seul clic, selon notre volonté, voilà l’avenir ! Evoluons, n’en ayons pas peur ! Le raisonnement est le même avec la langue française : à force de stagner et d’avoir peur de se transformer, elle risque d’en mourir en faveur d’une langue universelle (certainement l’anglais qui, par exemple en Allemagne, peut se substituer à la langue du pays pour les procédures pénales – voir l’article de Marianne 2 à ce sujet). N’ayons pas peur des jeunes !
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4/ Le livre électronique justement célèbre de Sony (cliquez pour être dirigé vers la page d’achat Amazone)
J’avais fait un petit comparatif entre ce livre électronique et le Kindle d’Amazone dans cet article. N’hésitez pas à réagir ! A bientôt.



{ 11 comments… lisez-les, puis ajoutez le vôtre ! }
C’est vrai que les eBooks sont tentants, tu penses que le Cycle de Xanth est disponible sur eBook ? …
Pour prolonger votre réflexion, je vous propose de lire ceci :
http://alainzannini.com/index.php?option=com_content&view=article&id=1761:pauvres-cheris-interview-dans-la-revue-litteraire-10-mars-2010&catid=74:interviews-presse&Itemid=93
Merci de votre passage.
Disponibles par exemple ici : http://www.ebookmall.com/ebooks-authors/piers-anthony-ebooks.htm , mais malheureusement en anglais.
En ce qui concerne les livres français, d’excellents ebooks gratuits sont disponibles sur le net (voir un de mes articles précédents) mais il s’agit en général de grands classiques du 19ème siècle puisque les droits d’auteurs en France tombent 70 ans après la mort de celui-ci. Mais les possibilités de lecture sont excellentes, perso. j’envisage sérieusement de m’atteler par exemple aux oeuvres de Tolstoï, Balzac, Alexandre Dumas. Tu les as toutes gratuitement.
Je trouve ça intéressant, je demande à voir ce que ça donne, mais je pense que j’aurais bien du mal à me passer des livres. J’aime le livre en tant qu’objet, son odeur, le toucher, le bruit des pages qu’on tourne, et ça un ebook ne peut pas me l’offrir…
J’aime aussi ce que tu dis, MyaRosa, mais avoue que c’est quand même plus pratique et efficace de transporter 10 000 volumes dans une tablette que dans une énorme cantine dans le métro
L’avantage de l’ebook à mes yeux, c’est la possibilité de passer à volonté d’une oeuvre à une autre sans avoir à se déplacer dans la bibliothèque la plus proche.
Non, mais je ne suis pas contre. Je trouve ça très pratique et ça m’aurait bien dépanné. Je me souviens d’un départ en vacances quand j’étais petite fille. Mon père m’avait dit de mettre les affaires que je voulais emmener dans le coffre et je l’avais rempli avec tous mes livres… Il n’était pas très content!
Je suis d’accord pour les voyages, les déplacements, c’est très pratique mais je n’arriverai pas à me passer des livres pour autant.
Hihi
marrante ton anecdote ; c’est clair que dans l’immédiat les livres papiers sont encore une « case obligée » principalement pour les nouveautés qui ne sont pas diffusées par un moyen virtuel. Je comprends ton besoin de sentir le contact, mais à mon avis ce contact physique va devenir de plus en plus cher dans les années à venir, à l’inverse du prix des ebooks qui devrait baisser.
Pour ma part, si toutes les nouveautés sortaient sous une forme virtuelle, je ne les achèterais plus en format papier car 1/ sous la forme d’un fichier les livres ne sont plus touchés par l’usure du temps (jaunissement, cornes, tâches les rendant invendables) 2/ je gagne une place énorme non seulement en déplacement mais aussi dans mon bureau (à la place des étagères poussiéreuses vive les poufs et autres canapés !)
Tout a fait d’accord avec ton article! Il est vrai qu’il est tout aussi agréable de toucher un livre, mais ils sont tout aussi fragile! Les ebooks prennent moins de place physique => un lecteur de la taille d’un roman contient juste des milliers de romans numérisés!
Pourquoi ne pas proposer un eBook de ton roman « Poesie » Greg ?
J’envisage de le faire dans un avenir très proche (aura sa place dans les deux petites cases grises du haut
), j’attends pour cela de m’habituer à la régie qui me propose la mise en vente à savoir ClickBank.com. Mais dans mon esprit mon roman devrait être découpé en plusieurs ebooks, de manière à proposer des prix peu chers et à fidéliser le lecteur.
@Pandoon Merci de ton passage ici, en espérant te revoir régulièrement ++