- Malakir Bloodwitch : sorcière sanguinaire
Cette illustration n’est rien moins que mon coup de coeur du moment : elle représente une sorcière « Malakir » vampire.

- Réalisme
– J’aime le réalisme de cette peinture et son côté antique. Contrairement à de nombreuses illustrations contemporaines, celle-ci semble avoir été peinte à la manière classique du préraphaélite ou de la Renaissance.
– On sent chez l’illustratrice Shelly Wan une inspiration littéraire et symbolique, presque biblique. Sa peinture se situe dans l’histoire, elle n’est pas une oeuvre créée de toutes pièces et venant de nulle part.
– Ainsi, Malakir Bloodwitch ne semble pas être une créature inventée : elle a un lourd passé derrière elle, elle vit depuis des siècles et des siècles, et l’illustration rend bien cet état d’esprit.
- Couleurs
Malgré ce que je viens de dire, les couleurs sont vives et font ressortir la sorcière. Le sang rouge, le fond bleu, la chevelure : l’illustratrice reste simple mais parvient, en utilisant un minimum de couleurs, à conserver cette impression de réalisme tout en n’hésitant pas à rendre le tout parfaitement lisible.
- Absence de fioritures
La lune, le ciel, la sorcière et le sang qui coule de ses mains : pas la peine d’en faire trop. J’aime cette simplicité.
- Une sorcière n’est pas belle
– Le défaut que l’on retrouve à l’heure actuelle chez pas mal de dessinateurs est celui de vouloir rendre « beau » chacun de leurs personnages. Une sorcière vampire ne doit pas être belle. Et Shelly Wan n’est pas
tombée dans le piège. Elle nous dessine une femme dotée de dreadlocks : ce genre de coiffure peut paraître moderne mais on peut très bien imaginer une sorcière millénaire faisant évoluer sa mode avec le temps. Ses habits en haillon et ses sous-vêtements apparents donnent l’impression d’une femme qui se néglige ou qui n’est pas forcément propre. Ses bracelets nous renvoient à la mode « hippie » : cette sorcière marginale rejette à l’évidence la société de consommation et semble avoir pour mot d’ordre la liberté.
– Enfin, ses yeux m’apparaissent entièrement blancs ; on est loin du style manga aimant dessiner des yeux gigantesques, brillants, luisant de mille reflets. Ici nous avons bel et bien affaire à une mort-vivante !
- Le sang
J’aime la représentation du sang. Elle se veut réaliste : on voit les gouttelettes s’égrener au gré du vent. Il fallait oser cette représentation car, surtout dans les médias américains, ce genre de détail peut facilement être censuré. C’est peut-être la raison pour laquelle la couleur du sang est volontairement flashy : une couleur grenat et plus sombre aurait peut-être semblé trop prêt de la vérité pour les adolescents achetant ce genre de carte.
- Parlons un peu de l’auteur : Shelly Wan
– Agée de 27 ans, Shelly Wan est une américaine ayant grandi en Chine. Elle a déménagé aux Etats Unis pour étudier dans une école d’art et poursuivre sa carrière dans l’art conceptuel (pour les films et les jeux vidéo). Elle parvient de temps en temps à trouver le temps pour quelques illustrations.
– Elle est extrêmement bien informée sur les peintres historiques et les illustrateurs. Cette culture solide lui permet d’avoir un lien complexe avec la couleur : elle possède une expérience impressionnante pour une personne de son âge ! Shelly Wan est promise à un bel avenir.
– Elle a un penchant pour la fantaisie et les «pièces de contes de fées». En second lieu, elle s’inspire des artistes de l’école « Brandywine » (style d’illustrations que l’on trouve à partir de la deuxième moitié du 19ème siècle dans les romans d’aventure), des orientalistes et des surréalistes. Un mélange vraiment intéressant.
- La carte Magic l’Assemblée (Magic the gathering)
– Comme vous l’avez deviné, Malakir Bloodwitch est l’illustration d’une nouvelle carte du jeu Magic the gathering.
– Cette carte ne m’a pas frappée au début. Mais avec le temps, plus je la joue plus j’ai l’occasion de constater sa force. Elle est impressionnante pour de multiples raisons :
- d’abord elle n’est pas excessive en terme de manas. 4/4 pour une créature volante à 5 manas, on reste dans la norme.
- elle a la protection contre le blanc, le grand ennemi des jeux noirs, ce qui demeure particulièrement intéressant notamment dans le format standard où la couleur blanche est beaucoup jouée
- même si vous ne jouez pas beaucoup de vampires dans votre jeu, le gain de vie n’est pas négligeable (au pire vous gagnez un point de vie et votre adversaire en perd un) ; il peut suffire à renverser la situation, par exemple contre un jeu rouge pur.
– Verdict : On peut se passer de cette sorcière dans un jeu weenie aggro en raison de son coût assez élevé en mana, mais dans un jeu contrôle elle est très bonne. Personnellement j’en joue 4 dans un jeu Crypt-Vampires (format standard), je n’ai jamais été déçu d’en piocher une.



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{ 1 commentaire… à vous de vous exprimer ! }
Belle illustration et bonne carte effectivement, surtout en bloc
Cette sorcière me fait penser à Méduse :